À deux jours de la mobilisation contre la hausse des prix des carburants, les manifestants s'organisent sur les réseaux sociaux. Des centaines de groupes existent sur Facebook, dans toute la France. En Seine-et-Marne, Mathieu Van Nes s'occupe de plusieurs pages consacrées à ces rassemblements.

Mathieu Van Nes administre les pages Facebook des mobilisations contre la hausse des carburants en Seine-et-Marne.
Mathieu Van Nes administre les pages Facebook des mobilisations contre la hausse des carburants en Seine-et-Marne. © Radio France / Fiona Moghaddam

Depuis quelques semaines maintenant, Mathieu Van Nes ne quitte plus son téléphone. "Ça m'handicape un peu dans mon travail car je regarde toutes les dix minutes", souligne ce trentenaire. Il est en effet devenu l'administrateur de plusieurs groupes Facebook de Seine-et-Marne qui appellent à manifester contre les prix des carburants ce samedi.

"Je me sens comme un des principaux concernés"

Son gilet jaune sur le dos, ce chef d'équipe en espaces verts et auto-entrepreneur contrôle les commentaires et les publications des membres des pages. "Je leur réponds, je fais des vidéos", décrit Mathieu Van Nes. Il s'intéresse aussi aux mesures proposées par le gouvernement et les partage sur Facebook.

Mathieu Van Nes promet une mobilisation dans la durée si le gouvernement ne réagit pas.
Mathieu Van Nes promet une mobilisation dans la durée si le gouvernement ne réagit pas. © Radio France / Fiona Moghaddam

Cet habitant d’Île-de-France n'est pas à l'initiative des rassemblements mais, à force de poster des messages, il a été repéré par les instigateurs des mobilisations. Mathieu Van Nes a rapidement accepté de participer à l'organisation : "je me sens concerné, quand je vois ma note de gasoil il y a six mois et ma note aujourd'hui, c'est même pas la peine".

J'ai une petite société donc je n'ai pas de prix moins chers

Le trentenaire s'agace également des prix qui augmentent pour les cigarettes, la nourriture : "maintenant quand on a cent euros de courses, dans le caddie, on a rien". Selon lui, même si la taxe d'habitation a été supprimée, le gouvernement "l'a largement récupérée sur ce qu'il a augmenté à côté".

Une mobilisation qui va durer

En Seine-et-Marne, plusieurs rassemblements sont prévus : à la gare de Meaux, celle de Chessy, ou encore les stations Total de Claye-Souilly, Bussy-Saint-Georges et Ferrières-en-Brie. 

On ne peut pas assurer qu'il n'y aura pas de violences

Mathieu Van Nes l'admet, le mouvement a été organisé "à moitié". Selon lui, aucune autorisation n'a été demandée."Dans nos groupes, nous avons des policiers, des gendarmes qui nous disent "pas de violences", explique l'administrateur. Mais je ne connais pas tous les participants."

Mais les manifestants ont, en revanche, bien entendu le gouvernement sur la légalité de leur mobilisation. "On a vu deux ans de prison pour ceux qui bloquent, donc les organisateurs ont trouvé une parade : être à pied, dévoile Mathieu Van Nes. Ils vont poser les véhicules et tourner en rond. Ils ne pourront pas l'interdire."

Une chose est sûre pour l'automobiliste, la mobilisation ne s'arrêtera que si le gouvernement fait un geste. "On ne lâchera rien, martèle le trentenaire. Certains ont prévu des tentes, des sacs de couchage, des denrées pour 3 à 4 jours."

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