Le quatrième congrès de médecine prédictive et personnalisée qui s'ouvre à Paris ce vendredi pose la question de ce que doivent devenir les données génétiques du patient. Car aujourd'hui, toutes les anomalies peuvent être détectées dans un génome. D'où la nécessité d'un cadre précis selon les médecins.

En médecine prédictive, jusqu'où aller ?
En médecine prédictive, jusqu'où aller ? © Getty / KATERYNA KON/SCIENCE PHOTO LIBRARY

La médecine prédictive sera de plus en plus présente dans le quotidien des médecins et des patients. Si le médecin découvre dans le génome du malade des prédispositions à une certaine maladie, voire une maladie déjà développée, doit-il le dire automatiquement à son patient ? Il n'y a pas, aujourd'hui, de recommandations, et  les médecins en réclament. 

Le professeur David Geneviève dirige le département de génétique médicale au CHU de Montpellier. Selon lui, découvrir une anomalie génétique au hasard d'un examen pour un patient est une chose qui lui arrive assez souvent : 

Si je fais une analyse du génome, pour un cancer du sein, dans près de 2% des cas, on va identifier une autre maladie

Désaccord des médecins

Pour les médecins, inutile de rechercher dans nos gênes les maladies qui sont incurables, par exemple la maladie de Charcot : ça n'apporterait rien au patient puisqu'on n'a pas de soin à lui proposer. En, revanche, avec l'accord du patient, le médecin peut rechercher s'il est porteur de maladies autres que celle pour laquelle il est soigné, comme une prédisposition au cancer du sein par exemple. 

Problème : en l'absence de recommandations officielles, certains médecins proposent cette recherche élargie, et d'autres non ! Selon le professeur David Geneviève :

Il n'y a pas d'harmonisation. Il y a urgence d'avoir des recommandations pour éviter une inégalité de prise en charge sur le territoire 

La réflexion porte aussi sur le dépistage avant la conception d'un enfant. Il est possible d'identifier par exemple si une femme saine est porteuse d'une mutation génétique pouvant handicaper ou condamner son enfant à naître. 

Partant de là, faut-il systématiquement rechercher cette mutation chez toutes les femmes enceintes ? 

► ÉCOUTER | Les explications de Véronique Julia sur la médecine prédictive

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Médecine prédictive : que faut-il dire au patient ?

Par Véronique Julia

► ALLER PLUS LOIN | Le site de la Société française de médecine prédictive et personnalisée

Les Français majoritairement pour ! 

Selon un baromètre Deloitte réalisé en 2016 auprès des Français sur leur vision de la santé, ils plébiscitent la prévention : 

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Les chiffres clés de la prévention
Les chiffres clés de la prévention / Deloitte 2016

Les Français attendent avant tout des programmes d’accompagnement personnalisés dans la durée pour accompagner dans la maladie, lutter contre la dépendance et le vieillissement, limiter les risques liés à la pratique d’une activité spécifique et aider à développer le bien-être. 

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