Pour sensibiliser l'opinion, l'ONG lance ce lundi une grande campagne pour dénoncer les tarifs proposés par l'industrie pharmaceutique, avec plusieurs affiches choc.

Pour Médecins du Monde, l'optique financière a pris le pas sur la santé publique
Pour Médecins du Monde, l'optique financière a pris le pas sur la santé publique © Maxppp / Pascale Bonniere

Médecins du Monde accuse les grandes entreprises du médicament de faire beaucoup de profit sur le dos des malades, sans que les pouvoirs publics ne réagissent. D'où cette campagne choc pour tenter de marquer les esprits et de faire réagir :

"Une leucémie, c'est 20.000 % de marge brute", "une épidémie de grippe en décembre c'est le bonus de fin d'année", "bien placé un cancer peut rapporter jusqu'à 120.000 euros".

Campagne de Médecins du Monde
Campagne de Médecins du Monde

 "Ces prix sont définis dans l’objectif de se goinfrer"

Une façon de faire comprendre à la population que le traitement, c’est aussi un marché. Et un marché extrêmement lucratif. Beaucoup trop d’ailleurs pour Olivier Maguet de Médecins du monde, qui estime que ces prix sont bien supérieurs à ce qu'il faudrait pour amortir les investissements des labos en recherche et développement.

► ► ► SUR LE WEB | Médecins du Monde lance aussi une pétition en ligne pour interpeller la ministre de la Santé

"Il y a une préoccupation de court terme qui est la maximisation du profit. Ces prix sont définis dans l’objectif de se goinfrer. Gilead Sciences en une année a fait 12 milliards de dollars de bénéfice net. Dans le même temps, Gilead a eu besoin d’un milliard pour faire de la recherche et développement. Est-ce qu’il faut 12 milliards de profits nets pour pouvoir financer un milliard ? Non. On dénonce donc une dérive systémique dans laquelle l’optique financière dans l’industrie pharmaceutique a pris le pas sur les préoccupations de santé publique."

"L’État a une mission de régulation de ce marché et il a failli dans cette mission."

Si les labos sont mis en cause, c'est aussi la responsabilité de l’État qui est pointée du doigt.

Campagne de Médecins du Monde
Campagne de Médecins du Monde

"Ce qui est le plus choquant dans cette histoire, c’est que l’État a une mission de régulation de ce marché et il a failli dans cette mission. Il a laissé faire." L’ONG avait déjà soulevé la question du prix des médicaments il y a plus de deux ans. "Nous avons fait des demandes très claires. En particulier adressées au gouvernement pour remettre à plat le mécanisme de fixation du prix du médicament. Nous n’avons pas été entendus."

Faute de réactions de la part de l’État, l’association préfère miser sur l’opinion publique. "Il n’y a pas 36 000 façons de se faire entendre. Soit les armes du droit soit utiliser l’opinion publique, la choquer, l’interpeller, le temps de la campagne."

Cette campagne de Médecins du monde est aussi un appel à pétitionner pour faire bouger les choses. Elle devait être affichée en ville, dans le métro notamment, mais d'après l'ONG les trois principaux réseaux d'affichage en France auraient refusé cette campagne. "C'est la preuve qu'elle dérange", dit Médecins du monde qui compte désormais, outre la presse papier, sur l'affichage sauvage pour diffuser son message et faire bouger les choses.

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