Les maladies rares, une niche pour l'industrie pharmaceutique
Les maladies rares, une niche pour l'industrie pharmaceutique © Reuters /

Députés écologistes, médecins, pharmaciens et associations anti-corruption ont lancé lundi l'opération "Mains propres sur la santé". Le constat de départ : la France, premier consommateur de médicaments en Europe, paye trop cher ses médicaments. Si elle négociait les prix avec les laboratoires comme l'Italie le fait, elle économiserait dix milliards d'euros par an !

Pourquoi alors ce décalage ? "À cause de la collusion entre l'État et les groupes pharmaceutiques", répondent ces lanceurs d'alerte. Les politiques ne veulent pas bousculer l'industrie. L'exemple le plus frappant, c'est le Glivec, un médicament qui aide à lutter contre la leucémie.

Prix en Italie : 500 euros la boîte. Prix en France : 2.300 euros ! Le pharmacien Serge Rader a mené l'enquête des deux côtés de la frontière :

C'est colossal ! Et comme ça pour des dizaines et des dizaines de produits chers, cest-à-dire les produits du sida, de l'hépatite C... On a une sécurité sociale qui cumule les déficits depuis des lustres, donc c'est inacceptable !

Mieux contrôler les liens entre politiques et industrie pharmaceutique

Comment expliquer ces écarts de prix avec notre voisin ? Il suffit pour cela de regarder le CV de nos politiques pour avoir une part de la réponse, assure Michèle Rivasi, eurodéputée Europe Écologie Les Verts :

Quand on voit les ministres de la Santé, de Claude Évin à Norah Berra, il y a énormément de conflits d'intérêts. Ce sont des gens qui gagnent directement des laboratoires pharmaceutiques quand ils sont ministres, et quand ils ne le sont plus vont dans ces mêmes laboratoires pour les aider à décrocher leurs autorisations de mise sur le marché. Vous trouvez cela normal ?

"Et il n'y a pas que les ministres", ajoute l'élue. Dans le monde politique, ertains parlementaires ou hauts fonctionnaires sont aussi concernés. Parmi les pistes proposées par l'opération "Mains propres" : que la toute nouvelle Haute autorité de transparence de la vie publique contrôle systématiquement les liens entre politiques et industrie pharmaceutique. Avec mise à l'écart des profils ambigus.