Quand survient la ménopause, les hormones n'assurent plus leur rôle protecteur sur vos artères et le risque cardiovasculaire est réel pour certains profils à risque.

L'accident cardiovasculaire, première cause de mortalité chez les femmes.
L'accident cardiovasculaire, première cause de mortalité chez les femmes. © Getty

Chez la femme, le risque d'infarctus augmente significativement avec la ménopause. Pendant toute la période reproductive, les hormones protégeaient le coeur des femmes. Une fois la ménopause arrivée, entre 45 et 55 ans pour la plupart, cette protection disparaît, ce qui expose certaines femmes à un réel danger. D'où l'importance de rappeler à toutes qu'à ce moment-là de leur existence, il est important de se préoccuper de la santé de son coeur et d'estimer ses facteurs de risque. Un message de santé publique porté par les gynécologues du Gemvi, le Groupement d'Etude sur la Ménopause et le Vieillissement Hormonal, à l'occasion de leur congrès annuel à Paris.  

C'est une réalité, en effet : les œstrogènes produits par les femmes en âge de se reproduire, jouent un rôle protecteur sur nos artères. On dit qu'ils ont un effet trophique, ils maintiennent les cellules de l'artère en bon état physiologique. Quand il n'y a plus ces œstrogènes, à la ménopause donc, les cellules se dégradent, ce qui va faciliter la survenue de plaques d'athérome, ces dépôts progressifs de lipides qui vont se développer sur la paroi interne des artères, les rendre plus rigides. À terme, ces plaques peuvent boucher l'artère : c'est l'infarctus du myocarde.  

La formation de plaques d'athérome sur la paroi interne de l'artère peut conduire à son obstruction.
La formation de plaques d'athérome sur la paroi interne de l'artère peut conduire à son obstruction. © Getty

Les femmes souffrant d'hypertension, particulièrement à risque

Apres la ménopause, la courbe de risque cardiovasculaire chez la femme rejoint progressivement celle des hommes, mais certaines femmes sont clairement plus a risque : celles qui ont de l'hypertension, surtout, mais aussi du cholestérol, du diabète, de l'obésité... Les grossesses antérieures peuvent donner des indices également, explique le professeur Florence Trémollieres. Endocrinologue, elle dirige un centre spécialisé sur la ménopause à Toulouse : "On commence à identifier des facteurs émergents dont on ne parlait pas auparavant, qui sont liés à la vie reproductive des femmes. Celles qui ont eu de l'hypertension artérielle, pendant la grossesse, un diabète gravidique, de l'éclampsie, c'est à dire une anomalie au niveau de l’utérus qui a pu provoquer un accouchement difficile et des problèmes chez le nouveau-né, ces femmes-là sont plus à risque". 

Stress, tabac, état dépressif peuvent aussi accentuer le risque. De même que l'augmentation du tour de taille au moment de la ménopause, qui marque des anomalies du métabolisme avec une accumulation de graisse au niveau du ventre. Bref, à la ménopause, un petit tour chez le cardiologue n'est pas forcément superflu. Le gynécologue doit de son côté évaluer les choses, et commencer avant toute chose par le contrôle de la tension. Ce risque cardiovasculaire ne justifie pas à lui seul la prise d'un traitement hormonal de substitution, sauf pour les ménopauses précoces, avant 40 ou 45 ans, car les femmes concernées sont elles aussi considérées plus à risque.

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