Le Premier ministre tenait une conférence de presse ce jeudi. Le gouvernement opte pour une stratégie territoriale. Après une période de concertation, 20 départements vont faire l'objet de "mesures de freinage" dès le week-end du 6 mars.

Le gouvernement a choisi une stratégie territorialisée
Le gouvernement a choisi une stratégie territorialisée

"Il faut tout faire pour retarder le confinement" mais "il faut être "extrêmement réactif", a affirmé le Premier ministre lors de ce nouveau point de presse, ce jeudi. Empruntant ce chemin de crête, le gouvernement a décidé de placer 20 départements "sous surveillance renforcée" en raison de la forte circulation du virus dans ces territoires. Dans ces départements, des "mesures de freinage", allant jusqu'au confinement le week-end, vont être mises en place la semaine prochaine, à la suite de concertations locales. 

La liste des départements sous surveillance

Les départements concernés sont les Alpes-Maritimes, les Bouches-du-Rhône, la Drôme, l'Essonne, l'Eure-et-Loir, les Hauts-de-Seine, la Meurthe-et-Moselle, la Moselle, le Nord, l'Oise, Paris, le Pas-de-Calais, le Rhône, la Seine-et-Marne, la Seine-Saint-Denis, la Somme, le Val-d'Oise, le Val-de-Marne, le Var et les Yvelines. 

Ces 20 départements sont "en surveillance renforcée", a dit Jean Castex. "J'ai demandé aux préfets des départements concernés d'engager des concertations avec les élus, en vue d'inviter sans attendre tous les habitants à la plus grande vigilance et d'envisager dans tout ou partie de ces territoires des mesures de freinage proche de celles mises en place à Nice et Dunkerque", a-t-il expliqué. 

À Nice et Dunkerque, plusieurs mesures restrictives ont été mises en place ces derniers jours, dont un confinement le week-end.

Des mesures mises en œuvre dès le week-end du 6 mars

"Nous ferons un point au terme de ces concertations la semaine prochaine, et nous déciderons alors si, et seulement si la situation continue à se dégrader. Nous prendrons des mesures renforcées qui seront en vigueur à compter du week-end du 6 mars", a-t-il complété.

Première à réagir, la Mairie de Paris a dit, par la voix de son premier adjoint, souhaiter "un confinement stricts mais court de 3 semaines" dans la capitale afin "d'avoir la perspective de tout rouvrir" à son issue, y compris bars, restaurants et lieux culturels, a expliqué Emmanuel Grégoire sur France Info.

Selon Olivier Véran, les Français "souhaitent" qu'il y ait de la territorialisation. Le ministre de la Santé estime que la montée lente du virus,  non exponentielle, permettait cette réponse territoriale.

Un vaccin proposé à la totalité des plus de 50 ans mi-mai

À propos de la campagne de vaccination, le Premier ministre a fixé un nouvel objectif dans le temps : "à la mi-mai, la totalité des personnes de plus de 50 ans se seront vu proposer une première injection" contre le Covid-19. Il a souligné que 80% des résidents d'Ehpad "étaient désormais vaccinés".

Deux mois après le début de la campagne de vaccination, "plus du quart des personnes de plus de 75 ans a été vacciné", a rapporté le chef du gouvernement, pour qui les chiffres démontrent que "les effets de la campagne de vaccination commencent à se faire sentir sur nos concitoyens les plus âgés".

"D'ici fin mars, les deux tiers des personnes de plus de 75 ans seront vaccinées", a fixé le Premier ministre. L'étape suivante sera l'ouverture, début avril, de la vaccination aux plus de 65 ans.

Des bonnes nouvelles du coté des "traitements"

Prenant la parole après le chef du gouvernement, le ministre de la Santé a par ailleurs indiqué qu'il y avait des avancées importantes en matière de "traitements" pour soigner les malades.

"Le traitement par interféron", un "vieux médicament qu'on utilise dans différentes maladies et qui vient compenser des déficits d'interféron chez certaines personnes", "pourrait limiter le risque de formes graves", a expliqué le ministre de la Santé.

Deuxième espoir de traitement cité par Olivier Véran : "La deuxième nouveauté thérapeutique est ce qu'on appelle des anticorps monoclonaux". "L'Agence nationale de sécurité du médicament a accordé ce qu'on appelle une autorisation temporaire d'utilisation des anticorps monoclonaux pour limiter les risques de survenue de formes graves chez des personnes dont l'état de santé les expose à des risques particulièrement élevés", a rapporté le ministre.

Alain Fischer veut rassurer sur le vaccin Astra Zeneca

Alain Fischer, président du Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale a rappelé pour sa part que nous entrons cette semaine "dans une nouvelle phase dans la campagne de vaccination avec la possibilité pour les médecins généralistes d'administrer le vaccin à leurs patients présentant des facteurs de comorbidités". Le professeur Alain Fischer a souhaité rassurer à la fois les professionnels de santé et les potentiels vaccinés quant à l'efficacité du vaccin Astra-Zeneca pour lutter contre les formes sévères de la maladie. 

Olivier Véran a appelé les soignants qui sont réticents à aller se faire vacciner. Ceux qui ne font pas ce choix, "ça me pose un problème comme ministre, comme médecin, comme citoyen", a-t-il dit. "Il y a presque une question éthique derrière. Donc vraiment, il faut y aller. Il faut se faire vacciner. C'est important", a-t-il dit.

Santé publique France a annoncé mercredi avoir enregistré plus de 31 519 cas positifs en 24 heures, le chiffre plus haut depuis mi-novembre. Selon des données plus consolidées, il y a eu 138 771 personnes testées positives la semaine dernière, contre 128 662 la précédente. 

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