Un an après la mise en place d'une plateforme pour recueillir la parole de victimes de violences dans le sport, le ministère dévoile ce vendredi matin les premiers chiffres à l'occasion de la Convention nationale de prévention contre les violences dans le sport. Le constat est édifiant.

Le dispositif a été mis en place en février 2020 après les premiers témoignages sur des agressions sexuelles dans le milieu du sport
Le dispositif a été mis en place en février 2020 après les premiers témoignages sur des agressions sexuelles dans le milieu du sport © Getty / EyeEm

L'heure du premier bilan a sonné pour la cellule sur les violences sexuelles dans le sport. Un dispositif mis en place par le ministère des sports en février 2020 après le témoignage de Sarah Abitbol accusant son ancien entraîneur de viol. C'était le début du #MeToo du sport. En un an, la plateforme d'écoute a reçu 387 signalements impliquant 421 personnes . 

La majorité des situations impliquent des mineures.

Les victimes qui ont appelé la cellule ont majoritairement connu les mêmes situations. Des hommes (à 96%) qui les ont agressées sexuellement (neuf cas sur dix). 72% de ces agresseurs présumés avaient une fonction d'éducateur sportif. 

En face, les victimes sont à 83% des femmes, quasiment toutes mineures au moment des faits. Ces faits ne se limitent pas aux quelques fédérations sportives qui ont fait la Une en 2020 comme le patinage, le judo ou l'équitation. Le panel des sports concernés est large : 48 des 115 fédérations sportives répertoriées en France.

La riposte se met en place progressivement.

Première action menée par la ministre déléguée chargée des Sports, Roxana Maracinéanu : signer des conventions avec des associations spécialisées dans le recueil de la parole de l'enfant. L'idée étant d'aiguiller les fédérations sportives vers les bons interlocuteurs pour libérer la parole et mettre en place des plans de prévention. L'association Les Papillons fait partie des structures conventionnées. Laurent Boyet, son président, explique qu'en un an, avec la médiatisation de cette cause, sa structure est passée d'une cinquantaine à plus de 600 bénévoles en France. Un renfort bienvenu car 224 clubs l'ont déjà contacté et surtout les fédérations de judo, de natation (et bientôt d'escrime) ont signé une convention avec Les Papillons. 

L'association va donc installer des boîtes aux lettres dans les clubs où les pratiquants pourront glisser un mot et raconter les violences dont ils sont victimes ou témoins. Ces boîtes sont relevées deux fois par semaine et le courrier ainsi traité. Le président des Papillons : "Il y a parfois des prises de conscience qui restent lettre morte. Or là, il y a une vraie prise de conscience et une vraie volonté de changer les choses. Alors forcément ça ne peut pas se faire du jour au lendemain dans toutes les fédérations" Et Laurent Boyet cite les fédérations de gymnastique et de patinage qui n'ont pas donné suite à sa proposition de service. 

"Majoritairement il y a une vraie volonté de la part des dirigeants sportifs". Laurent Boyet, Les Papillons

En plus de ces associations conventionnées, les comités olympique (CNOSF) et paralympique (CPSF) ont créé un réseau de 74 référents sur les questions de violences sexuelles afin d'aider les dirigeants à mieux prévenir.

Du côté des sanctions, le calendrier avance moins vite. Les préfets ont procédé à la suspension, mise à l'écart ou à l'interdiction de pratiquer de 191 personnes. Reste la réponse pénale, elle sera plus lente. Ce vendredi le ministère de la justice participe d'ailleurs à une table ronde de la Convention contre les violences dans le sport. Il y expliquera le parcours judiciaire pour la victime et le cheminement d'une plainte. 

La restitution des résultats de la cellule d'écoute ainsi que les échanges des tables rondes de la 2e Convention nationale de prévention contre les violences dans le sport seront diffusés sur les réseaux sociaux du ministère des sports ce vendredi à partir de 9h30 : via Twitter ou Facebook

Thèmes associés