Aux États-Unis, trois quarts des personnes transgenres tuées depuis 2017 l'ont été par arme à feu. Les femmes noires transgenres sont particulièrement vulnérables, selon une étude de l'ONG Everytown for Gun Safety.

Des personnes se recueillent devant le mémorial aux victimes de la fusillade en 2016 du Pulse, club LGBT d'Orlando en Floride.
Des personnes se recueillent devant le mémorial aux victimes de la fusillade en 2016 du Pulse, club LGBT d'Orlando en Floride. © AFP / Joe Raedle

La proportion est glaçante. Sur les 77 personnes transgenres tuées aux États-Unis depuis janvier 2017, près des trois quarts l’ont été par arme à feu, selon des données publiées par l'ONG Everytown for Gun Safety et relayées par le média américain CBS News. Depuis 2013, ce sont 102 personnes transgenres – ou "non conformes" aux genres masculin et féminin – sur 157 qui ont succombé aux armes à feu.

22 personnes transgenres tuées depuis le début de l'année

Selon The Human Rights Campaign, le premier groupe de défense des personnes LGBT aux États-Unis, la tendance est encore plus préoccupante cette année : depuis début 2019, sur 22 meurtres de personnes transgenres, 17 sont liés aux armes à feu.

Sur les 22 morts, l’écrasante majorité sont des femmes noires transgenre. Selon The Human Rights Campaign, ces femmes racisées sont d’autant plus la cible de violences car elles se trouvent "à l’intersection toxique entre racisme, sexisme, transphobie, et dans des milieux où les armes sont facilement accessibles"

Comme exemple, CBS News relate le meurtre de Denali Stuckey : une femme noire transgenre de 29 ans tuée en Caroline du Sud en juillet. Selon la police, la jeune femme était en route pour une boîte de nuit quand son ancien voisin a tiré a de nombreuses reprises sur elle, avant de prendre la fuite en voiture. Depuis le début de l'année, trois femmes noires transgenres ont elles aussi été tuées par arme à feu à Dallas, au Texas, rapporte BBC News. Le meurtre de Muhlaysia Booker est particulièrement choquant : un groupe d'homme l'a attaqué, filmé la scène, puis posté les images sur les réseaux sociaux.

Interrogée par CBS News, la secrétaire nationale de Human Rights Campaign souligne qu’une personne qui veut nuire ou attaquer un homme ou une femme transgenre pose une menace d’autant plus grande avec une arme à feu : "La haine est dangereuse, mais la haine dotée d’une arme peut être meurtrière", dénonce Sarah McBride.

La fusillade du "Pulse" comme prise de conscience

Selon Sarah McBride, la communauté LGBTQ a commencé à prendre part aux débats sur le contrôle d’arme depuis juin 2016, date de la tuerie de masse dans la boîte de nuit LGBT "Le Pulse" à Orlando en Floride. 49 personnes étaient mortes, fusillées par un agent de sécurité américain.

Si certains des meurtres sont directement motivés par la haine, beaucoup de personnes transgenres doivent faire face à des discriminations, qui peuvent mener à l’expulsion de leur domicile ou de leur travail. Une situation qui les rend alors particulièrement vulnérables.

L’an dernier, un rapport intitulé "Une crise de la haine", publié par l’association de défense de la communauté LGBT New York City Anti-Violence project, révélait une explosion des violences et des homicides contre la communauté LGBTQ depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump. 

Les violences contre les personnes LGBTQ aux États-Unis ont explosé ces dernières années.
Les violences contre les personnes LGBTQ aux États-Unis ont explosé ces dernières années. / New York City Anti-Violence Project
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