Pourquoi faut-il diminuer le stress après l’accouchement ? Quel avantage offre le peau à peau dans l’apaisement du bébé, et de la mère ? Le peau à peau est-il compatible avec une naissance par césarienne ? Petits conseils pour une naissance plus sereine.

Le bénéfique peau à peau à la naissance
Le bénéfique peau à peau à la naissance © Getty / Mayte Torres

Dans La Tête au Carré Mathieu Vidard recevait Bernadette Lavollay, pédiatre pendant 40 ans, qui a tiré de sa pratique et de son observation quelques moyens pour une meilleure entrée dans la vie de bébé.

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Pourquoi faut-il diminuer le stress à la naissance ? 

Pour des questions de sécurité, la naissance aujourd’hui est hyper médicalisée. On a sauvé beaucoup de vies mais au prix de gestes médicaux souvent stressants pour les bébés et leur mère.

La sage femme Alexandra Mathias de #Payetongynéco, un mouvement qui dénonce les violences médicales : 

On nous apprend à rester dans le moule, à ne surtout pas remettre en cause le protocole de l’accouchement. J’ai accouché de mes enfants et après, je me suis posée des questions sur ce que je faisais subir aux patientes. Par exemple, ces suivis de travail codifiés avec un centimètre par heure, si c’est deux centimètres c’est trop long, il faut demander au médecin… Changer nécessite une remise en question profonde.  

C’est pourquoi Bernadette Lavollay prône le retour à un accueil bienveillant qui s’appuie sur le respect des capacités sensorielles du bébé observé dans les pays nordiques. Elle propose un retour à la confiance dans les mères et la pratique du peau à peau. 

Le peau à peau qu’est-ce que c’est ? 

On pose le bébé thorax contre le thorax de l’adulte, à plat, en position verticalisée en maintenant bien sa tête contre le sternum en veillant à ce qu'elle soit bien dégagée.

L’avantage du peau à peau ? 

  • Instantanément le nouveau-né retrouve de meilleures constantes cardio-vasculaires, et respiratoires et sa température s’améliore. 
  • Le bébé va se coloniser avec les germes du papa ou de la maman, meilleurs que ceux de l’hôpital, et renforcer ses défenses immunitaires.
  • Le bébé a moins de douleurs et est moins stressé. Les nourrissons placés dans un berceau pleurent environ 10 fois plus que ceux qui sont en peau à peau. Or quand le bébé pleure… il souffre. Pendant très longtemps on a nié que le bébé éprouvait de la douleur quand il pleurait. Aujourd'hui, les recherches dans des services de néonatologie ont prouvé que la douleur était réelle et qu'elle avait des effets très négatifs sur le développement du bébé. On fait plus attention. Outre le peau à peau, on essaye de ne déranger le bébé que quand il y a une réelle nécessité. 
  • Collée contre son bébé, la maman va développer des hormones, en particulier l'ocytocine : l'hormone attachement et allaitement. Ils vont l’envahir et la conditionner pour qu'elle puisse mieux répondre aux besoins du bébé. 
  • Le peau à peau facilite l’allaitement : en peau à peau, le bébé fait les bons mouvements pour prendre le sein. La première tétée peut alors avoir lieu plus tôt. Les bébés en peau à peau sont également plus nombreux à téter de la bonne façon. 
  • Le peau à peau peut se pratiquer par le papa, qui peut soulager la maman... et lui aussi va être plongé dans la bassine hormonale de la paternité et être ébloui, subjugué par son bébé.

Quelle précaution prendre pour bien pratiquer le peau à peau ?

Il doit y avoir toujours quelqu'un de présent dans la salle de naissance pour surveiller que la maman ne s'endorme pas, au risque de faire tomber son enfant.

En cas de césarienne ? 

Parfois pour des raisons matérielles, les maternités refusent le peau à peau aux femmes qui ont accouché par césarienne. Mais le père peut prendre le relais. Il faut aussi faire confiance à la plasticité cérébrale du bébé : si ce moment n'a pas lieu pendnt la première heure de la vie, les moments d’intimité lors de l’allaitement ou autres, peuvent remplir ce rôle d’apaisement.

Aller + loin 

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