C'est l'un des axes du plan pauvreté qui sera présenté jeudi prochain par le gouvernement : la réforme du RSA, que le gouvernement veut plus efficace, et surtout plus "temporaire" pour ceux qui en bénéficient. Parmi les préconisations d'un rapport remis ce mercredi, un meilleur accompagnement vers le retour au travail.

Le RSA, selon le gouvernement, doit devenir plus efficace et plus "temporaire"
Le RSA, selon le gouvernement, doit devenir plus efficace et plus "temporaire" © AFP / FRANCOIS GUILLOT

Le rapport remis ce mercredi soir au gouvernement est signé par le président PS du Conseil départemental de la Meurthe-et-Moselle, Mathieu Klein, et par la députée LREM des Bouches-du-Rhône Claire Pitollat. Il vise à proposer au gouvernement des pistes de réforme du RSA, une semaine avant la présentation du plan pauvreté, dont elle sera l'un des axes. 

Meilleure répartition entre les départements et l'Etat

Trois mois après la sortie d'Emmanuel Macron sur le "pognon de dingue" que coûtent les aides sociales, le gouvernement entendre rendre plus efficace et surtout plus "temporaire" le RSA pour ceux qui en bénéficient. Selon ce rapport, pour sortir de ce que les deux auteurs n'hésitent pas à qualifier "d'échec" ou de "trou noir" dans lequel tombent parfois les bénéficiaires du RSA, il faut recentrer l'action sur l'accompagnement au retour à l'emploi. 

Pour cela, les départements pourraient par exemple réorienter toutes les forces sur cette mission, tout en laissant à l'Etat celle de financer et de verser l'allocation, suggère Mathieu Klein : "C'est plus efficace de consacrer son énergie et les moyens dont on dispose à l'accompagnement, pendant que l'Etat garantit l'égalité par une prise en charge financière dans tout le territoire", explique-t-il. "Dans la situation actuelle, un département qui a de faibles ressources économiques va devoir faire plus appel à la fiscalité pour financer le RSA qu'un département qui a plus de ressources autres : c'est une inégalité à laquelle il convient de mettre un terme", poursuit le président de conseil départemental. 

Décloisonnement des suivis 

Pour améliorer cet accompagnement vers le retour au travail, les auteurs du rapport proposent, grâce à une petite révolution numérique, de rendre automatique l'accès à ce suivi quasiment en un clic : un premier rendez-vous garanti moins de huit jours après l'inscription, pour éviter la dégringolade psychologique. Pour Claire Pitollat, il faut aussi en finir avec le cloisonnement des suivis qui représente un danger : "Il faut qu'on arrête de dire aux gens qu'ils doivent d'abord régler leurs difficultés sociales et sanitaires, et après voir s'ils veulent travailler. On retarde le retour à l'emploi des personnes, et on les met dans un cercle où elles perdent confiance sur leur capacité à travailler". 

Un changement de philosophie assez net, qui passerait par un travail collaboratif entre tous les travailleurs sociaux, non pas à travers un guichet unique, mais plutôt à travers une sorte de dossier unique, partagé entre tous les acteurs autour de chaque bénéficiaire. Un suivi qui, toujours selon le rapport, ne doit pas s'arrêter aux portes du monde du travail : l'idée de référents, de tuteurs en entreprises pour éviter les rechutes de personnes fragiles, figure aussi dans le rapport. 

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