Le campement du boulevard de la Chapelle a été évacué le 2 juin.
Le campement du boulevard de la Chapelle a été évacué le 2 juin. © PhotoPQR/Le Parisien

France Terre d'Asile et la Ligue des Droits de l'Homme appellent à un plan d'urgence après les évacuations de campements à Paris. "On ne répond pas aux besoins des migrants par des démonstrations de force", estiment-elles.

La situation a interpellé non seulement une bonne partie de la population, mais aussi le Défenseur des droits Jacques Toubon. Moins de 24 heures après l'évacuation musclée de migrants en plein Paris, il a annoncé mardi soir qu'il avait ouvert une enquête sur l'opération. Jacques Toubon explique qu'il a été saisi par le GISTI (Groupe d'information et de soutien des immigrés).

Président de l'association France Terre d'Asile, qui vient en aide aux migrants, Pierre Henry a quant à lui lancé un cri d'alarme ce mardi :

Il faut un plan d'urgence pour les demandeurs d'asile et une réponse adaptée à l'ampleur de cette crise qui n'est pas nouvelle.

L'évacuation du campement du boulebard de la Chapelle, le 2 juin, "a permis à 160 demandeurs d'asile d'être protégés de manière durable" et "à 70 personnes vulnérables d'être prises en charge par la Mairie de Paris", a poursuivi Pierre Henry, tout en soulignant la longueur des procédures et la pénurie d'hébergements, une situation qui dure "depuis des années sans que cela n'émeuve véritablement beaucoup de monde".

On ne répond pas à ces besoins par des démonstrations de force ni par des slogans.

France Terre d'Asile pointe également "le manque de solidarité des politiques européennes". Or "sans solidarité, des mouvements migratoires secondaires se font jour dans toute l'Europe et provoquent errance et désordre."

Les bonnes questions, il faut les poser aux budgétaires qui trouvent toujours que l'asile est trop cher alors que ce sont les réactions dans l'urgence qui sont très onéreuses.

Ouvrir un lieu d'accueil "digne"

Même position du côté de la Ligue des Droits de l'Homme : "Le harcèlement, les mensonges, les dispersions des migrants doivent cesser". Dans un communiqué, cette dernière estime que la France "ne pourra continuer à éviter le nécessaire débat sur l'accueil des réfugiés et des migrants."

Les pouvoirs publics doivent changer de politique et répudier ces opérations de "nettoyage" et de communication, au profit d'un choix digne et fraternel d'accueil des migrants et des réfugiés.

La LDH demande que "les personnes mises en rétention à l'issue de l'intervention de la police autour de la halle Pajol soient libérées" et "qu'une solution transitoire soit mise en place avec, par exemple, l'ouverture d'un lieu d'accueil digne".

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