Depuis le procès emblématique de Cédric Herrou, les poursuites pour ce que les associations appellent un "délit de solidarité" se multiplient. À Nice, une responsable d'Amnesty International est jugée ce lundi par le tribunal correctionnel de Nice pour avoir convoyé des migrants.

Martine Landry, responsable d'Amnesty International comparaît ce lundi devant le tribunal correctionnel de Nice pour avoir convoyé deux migrants mineurs depuis le poste frontière de Menton.
Martine Landry, responsable d'Amnesty International comparaît ce lundi devant le tribunal correctionnel de Nice pour avoir convoyé deux migrants mineurs depuis le poste frontière de Menton. © AFP / Valery HACHE

Elle risque en théorie jusqu'à 5 ans d'emprisonnement et 30 000 euros d'amende. Une responsable d'Amnesty International en charge d'une mission d'observation à la frontière franco-italienne sera jugée dans l'après-midi pour avoir "facilité l'entrée en France de deux migrants mineurs en situation irrégulière". 

Mais la responsable réfute les faits et assure avoir convoyé ces deux migrants de la France vers la France, ce qui est au contraire tout à fait légal.

"Je n'ai pas facilité l'entrée"

Les migrants en question sont deux Guinéens âgés de 15 ans, arrivés en France à la mi juillet. Parce qu'ils sont mineurs, ils ont été pris en charge par l'aide sociale à l'enfance, ce qui n'a pas empêché leur expulsion vers l'Italie dix jours plus tard. Le 28 juillet, ils reviennent à pied au poste frontière de Menton. 

C'est là que Martine Landry, 73 ans, responsable d'Amnesty International dans la région, est suspectée de les avoir fait entrer illégalement en France.  Elle assure, elle, avoir respecté la loi : "Je n'ai pas facilité l'entrée, je les ai pris en charge à la frontière même, au panneau 'frontière', pas avant, et je les ai conduit à la PAF - la police aux frontières - à pied et j'ai demandé, comme c'est la loi, d'appeler l'aide sociale à l'enfance pour qu'on vienne les prendre en charge." 

"L'aide sociale à l'enfance est venue les prendre en charge", poursuit-elle, en expliquant qu'ils ont été placés dans un foyer des Alpes-Maritimes.

Ce n'est pas la première fois qu'un militant est poursuivi pour avoir aider des migrants, mais là "un palier a été franchi", estime Theresa Maffeis de l'association pour la démocratie à Nice : "Martine Landry a fait une chose qui est complètement légale au-delà d'être humaine [...] Si elle est condamnée, moi je ne comprends plus l'Humanité, je ne comprends plus comment fonctionne notre justice."

Tous les procès de ce genre se sont conclus ces derniers mois par une amende ou une peine de prison avec sursis.

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