Miguel Ange reste le seul vainqueur de 5 victoires consécutives dans le Tour depuis l’annulation des 7 victoires de Lance Armstrong. Bon grimpeur, magnifique rouleur, il n’a pourtant gagné que 12 étapes durant son règne, dont 10 contre-la-montre !

1991 : première victoire

Trois ans après l’étoile filante Pedro Delgado, l’Espagne retrouve des raisons de s’enthousiasmer pour un de ses fils : Miguel Indurain. Pourtant, cette victoire est arrivée presque par hasard après 6 participations : l’équipe PDM du favori Breukink, décimée par un très mystérieux virus quitte la course.Victime d’une défaillance dans le Tourmalet, Greg LeMond est attaqué et lâché par Indurain, futur vainqueur du Tour et l’Italien Chiapucci, futur vainqueur de l’étape.Dans son Pays basque natal, l’arrivée en jaune d’Indurain sur les Champs Elysées est vécue comme un triomphe régional !

1991 : contre la montre

Avec son gabarit de rouleur, près d’un mètre quatre vingt dix, plus de quatre-vingts kilos, Indurain ne devait pas bien passer la montagne. Pourtant, il y a souvent consolidé des succès forgés dans l’âpreté des contre-la-montre.En 1991, il domine deux fois Greg LeMond dans cet exercice. Et c’est coiffé de son casque de chasseur de chrono qu’il entre dans la légende.

Indurain en 1991
Indurain en 1991 © Collection Patrick Contraint / Pascal Sergent

1994 : la suprématie

LeMond quitte le Tour dans la voiture balai, Pantani (3ème à Paris) n’est pas encore une menace, Virenque ne vise que le classement du meilleur grimpeur, et il ne vient à l’idée de personne de s’opposer au quatrième triomphe du Navarrais.Pour ses supporters, la Marcha Real - l’hymne espagnol - sur les Champs-Elysées devient une routine…

1995 : en route pour la gloire

A la veille de son cinquième triomphe consécutif, Miguel Indurain la joue modeste : pour lui l’important, c’est de gagner un Tour, pas d’imprimer sa silhouette dans la légende : c’est ce qu’il confie dans un entretien reflétant toute sa modestie. Pourtant ce qu’il est en train d’accomplir est bien historique !

1995 : dans la légende

Au soir du 24 juillet 1995, les suiveurs du Tour doivent se rendre à l’évidence : ce grand Espagnol au verbe rare fait bien partie des plus grands coureurs de tous les temps. Le recordman de l’heure, rouleur génial est capable de battre les grimpeurs même sur les pentes les plus rudes.Et tous les doutes émis quant à ses capacités physiques hors du commun ne seront jamais corroborés par un contrôle antidopage positif. S’il développait des puissances phénoménales, il le devait peut-être à son rythme cardiaque (28 pulsations par minute au repos).

### 1996 : retour à l'anonymat Grand favori du 83ème Tour, Indurain s’achemine vers un sixième succès consécutif, performance inégalée. Battu dans les contre-la-montre, dominé, écrasé en montagne à la surprise générale, il termine le Tour à une anonyme onzième place.Après une victoire dans le contre-la-montre des Jeux Olympiques d’Atlanta, et une fin de saison laborieuse, Miguel Ange annonce la fin de sa carrière.
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