L’Institut catholique français a tenté de répondre aux critiques sur leur manque de mixité sociale.

L'enseignement catholique scolarise 20% des élèves en France.
L'enseignement catholique scolarise 20% des élèves en France. © Maxppp / THIERRY CREUX

La diffusion d’un fascicule anti-avortement virulent dans des lycées catholiques et l’étude de l’éducation nationale qui pointe l’augmentation de la ségrégation sociale dans l'enseignement catholique, qui scolarise 20% des élèves en France.

Ces deux sujets ont fait réagir Pascal Balmand, secrétaire général de l'enseignement catholique, à l'occasion, ce mardi, d'une conférence de presse :

Il n'est pas question d'entrer dans une sorte de guéguerre, de chercher un bouc émissaire, avec des bons et des méchants.

Au sujet de l’étude de l'antenne des statistiques du ministère de l'Education (Depp), le secrétaire général assure : "Nous menons réellement des efforts, mais qui s'inscrivent dans une temporalité lente". Pascal Balmand dit mener une politique visant à encourager "les établissements qui le souhaitent à construire des projets pour accueillir des populations plus fragiles".

Avec le temps, les écarts de composition sociale s'accroissent entre le public et le privé.
Avec le temps, les écarts de composition sociale s'accroissent entre le public et le privé. © DEPP

Selon cette étude de la Depp publiée vendredi, 20% des collégiens du privé étaient issus de milieux défavorisés en 2015, contre 25% en 2003 alors que 37% des effectifs du privé, étaient issus des milieux très favorisés contre 30% douze ans auparavant.

Cette étude montre aussi que si la ségrégation sociale est forte aussi dans le public, en particulier dans les grandes villes, elle est encore plus importante dans le privé. Toutefois ce manque de mixité sociale varie en fonctions des académies.

Si à Nantes ou Rennes, les populations dans le privé et le public présentent peu de différence, la ségrégation est très forte à Paris ou Lyon. Pour Pascal Balmand, il y a deux explications possibles. Il pointe d’abord l'implantation des établissements du privé, dans les centres des grandes villes, là où la population est en générale la plus favorisée.

La carte scolaire contournée

Par ailleurs, il évoque "la stratégie d'évitement" de familles qui contournent en allant dans le privé la carte scolaire. Au sujet du manque d’établissements privés dans les quartiers moins favorisés, le secrétaire général évoque le manque de moyens. Les effectifs du privé ont en effet augmenté en continu depuis 2009, avec 80.000 élèves supplémentaires en huit ans.

Par ailleurs, au sujet de la distribution dans des lycées privés d'un manuel anti-avortement édité par la fondation Lejeune, Pascal Balmand a estimé qu'on avait "le droit d'exprimer ce que l'on pense, même lorsqu'on est en désaccord avec une loi". Il émet toutefois des réserves sur ce "manuel" dont "certains passages reposent davantage sur des positions de principe plutôt que la bienveillance".

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