Ils ont moins de 30 ans. On leur a demandé comment ils faisaient pour tenir. Des petits trucs du quotidien ("le dîner clandestin") aux grands moyens ("l'amour"), des choses les plus drôles ("la doudoune de Daniel Morin") aux plus tristes ("je pleure souvent"), ils ont accepté de lever le voile sur leur vie sous Covid.

Plus de 800 jeunes ont accepté de nous livrer leur regard sur la crise sanitaire. Ils nous ont raconté ce qui les aide à tenir bon face au coronavirus.
Plus de 800 jeunes ont accepté de nous livrer leur regard sur la crise sanitaire. Ils nous ont raconté ce qui les aide à tenir bon face au coronavirus. © Radio France / Julien MOUGNON

Ils sont jeunes et fringants. Mais le coronavirus les empêche de vivre normalement. Cours à distance, confinements, couvre-feu, musées, salles de concert, restaurants et boîtes de nuit fermés... Les principaux lieux de socialisation, affectionnés par la jeunesse, sont clos. "Difficile d'avoir 20 ans" en ce moment, déclarait Emmanuel Macron, le président de la République, en octobre dernier. Des mots qui résonnent encore aujourd'hui alors qu'un retour à la vie normale semble aussi lointain qu'incertain. Comment vont ceux qui devraient vivre les plus belles années de leur vie ? 

Ce jeudi, France Inter consacre son antenne à une édition spéciale : "Avoir 20 ans en 2021". Pour comprendre leur détresse, leurs joies, leurs espoirs et leurs peines, nous avons partagé sur nos réseaux sociaux un questionnaire en ligne, qui n'a certes aucune valeur scientifique, mais qui donne une petite idée de ce que les Français, âgés de 18 à 30 ans, font pour patienter pendant que tout ou presque est à l'arrêt. Signe qu'ils voulaient en parler, plus de 800 personnes ont accepté d'y répondre. Elles nous ont confié ce qui les aident à tenir bon, en cette période si particulière. Florilège.

Ceux qui vivent d'amour

Nathalie, 24 ans, Nancy : "Je tiens grâce à l'amour, avant tout. Grâce aux petites choses du quotidien : un café partagé, une balade en ville, un repas cuisiné avec l'être aimé. L'amour, c'est qui m'aide à croire encore en la beauté de la vie."

Ronan*, 25 ans, Toulouse : "Je fais un café tous les matins à ma copine, avant qu'elle se lève et parte travailler. Je suis dans la restauration. Ce petit geste me rappelle que j'ai un métier et qu'un jour, je retournerai bosser aussi."

"Je fais un café tous les matins à ma copine."

Alix, 25 ans, Pont-à-Mousson : "Heureusement, mon conjoint est là ! Seule, ce serait un enfer. Je viens de m'installer dans une nouvelle région, où je n'ai pu rencontrer personne en dehors de mon travail. Sans lui, vraiment, je ne sais pas comment j'aurais fait."

Ceux qui organisent des dîners clandestins 

Baptiste*, 23 ans, Lyon : "J'ai un cercle d'amis fermé que j'ai choisi de continuer à voir régulièrement. On organise des dîners clandestins."

Camélia*, 20 ans, Paris : "J'ai tenu un long moment grâce au sport et aux activités manuelles, mais ça fait un an. Nous somme isolés, nous n'avons aucun loisir. Nous avons besoin de nous réunir. Alors tant pis, je vois des amis, même après 18 heures. La désobéissance à cette règle me semble être la seule solution à long terme."

"J'ai l'impression que ma vie est à l'arrêt depuis deux ans."

Émeline*, 28 ans, Paris : "Au début, je condamnais ceux qui ne respectaient pas le couvre-feu. Aujourd'hui, c'est ma planche de salut. Quand on habite seul et qu'on travaille la journée, c'est le seul moyen de voir ses amis. Je ne vois pas d'autre astuce pour ne pas craquer ou sombrer dans la déprime. Entre la grève des transports, les 'gilets jaunes' et le coronavirus, j'ai l'impression que ma vie est à l'arrêt depuis deux ans."

Cécile*, 23 ans, Brives : "Je brave le couvre-feu pour voir mes amis. Sinon ce serait trop dur !"

Maud*, 21 ans, Toulouse : "Avoir 20 ans en 2021, c'est se risquer à atterrir au commissariat pour avoir bu une bière avec ses potes. Mais je le fais quand même, avant comme après 18 heures. Le bénéfice sur ma santé mentale est bien plus grand que le risque de finir en garde-à-vue."

Ceux qui rêvent à fond 

Maryline*, 25 ans, Montpellier : "Je note sur un bout de papier mes rêves les plus dingues et je réfléchis à comment je pourrais les réaliser. Ce temps peut être utile pour déterminer ce que l'on veut vraiment pour soi. C'est le moment d'être égoïste et imaginatif, d'être fou et de tout essayer !"

Marie-Lys*, 22 ans, Montpellier : "Je rêve d'un été sans masque et sans Covid-19. Le soleil du Sud brille, les copains sont là et les terrasses pleines à craquer. Il y a un mec mignon à la table d'à côté. Il me lance un regard en coin et il me sourit sous une volute de cigarette."

"Je note sur un bout de papier mes rêves les plus dingues."

Énora*, 25 ans, Vitry-sur-Seine : "Je rêve de parcourir le monde. Je ne me rendais pas compte de la chance qu'on avait de circuler librement. J'économise pour partir dès qu'on le pourra."

Grégoire*, 22 ans, Nîmes : "Quand je broie du noir, je plonge dans mes rêves. Je me rappelle que ma vie n'est pas finie et que j'ai bien l'intention de les réaliser."

Ceux qui fabriquent des choses de leurs mains 

Louise, 23 ans, Revel : "J'ai tricoté un pull et j'ai cousu une housse de canapé. Ça fait passer le temps. J'ai le sentiment d'être utile."

Tiphaine, 25 ans, Paris : "Faire de la couture m'occupe les mains et l'esprit."

Diane*, 24 ans, Castelnau-Montratier : "Je coupe du bois pour mes parents. Ça permet d'évacuer la tension plutôt que de tourner en rond."

Nathan*, 24 ans, Pantin : "J'ai acheté de l'argile et je me suis mis à faire des sculptures. J'ai retapé un vieux vélo aussi. Ça m'évite de penser et ça me procure la vague impression d'être productif."

Ceux qui ont le soutien de leurs amis...

Clara, 23 ans , Paris : "Je suis d'un naturel solitaire, mais sans les sorties culturelles, je n'y arrivais plus. Cette période m'a permis de réaliser à quel point j'avais besoin de contacts humains. Sans mes amis, je pense que j'aurais tout abandonné."

"Sans mes amis, je pense que j'aurais tout abandonné."

Margot*, 25 ans, Bagnolet : "Je continue à inviter mes amis à boire une bière. On s'organise autrement. Ils arrivent à 16 heures et ils restent dormir."

Horatio, 26 ans, Bordeaux : "La vie, quand on est jeune, c'est d'abord être avec ses amis. Je continue à les fréquenter au moins deux fois par semaine. J'ai besoin de ma dose de bons moments et d'amour. J'ai aussi commencé une collection de chaussettes."

...ou de parfaits inconnus

Camille, 26 ans, Fessenheim : "Les petits gestes de sympathie d'inconnus dans la rue, dans la file des courses, me font un bien fou... Un bonjour, un merci, un sourire ou une blague, et je réalise que chacun vit cette période comme il peut."

Ceux qui s'évadent dans leurs lectures 

Philippine*, 23 ans, La Roche-sur-Yon : "Fuck la réalité, je relis tout Tolkien [auteur notamment du Seigneur des Anneaux, ndlr] et je rêve à fond !"

Quentin, 20 ans, Toulouse : "Je me suis mis à lire Nietzsche. J'ai pas envie de passer ma vie sur Instagram ou sur Zoom pour me donner bonne conscience !"

"Fuck la réalité, je relis tout Tolkien !"

Sandra*, 23 ans, Aix-en-Provence : "Un bon bouquin, ça permet de s'évader deux heures sans penser au coronavirus."

Carine*, 23 ans, Paris : "Merci aux livres d'être de si beaux voyages !"

Ceux qui donnent tout pour la musique 

Sibylle*, 25 ans, Paris : "Je me suis découverte passionnée de musique. Ça m'aide à me lever le matin. Je m'évade le temps d'une chanson, au rythme d'un piano ou d'un violon, et mes angoisses se taisent un peu."

Marwin*, 18 ans, La Rochelle : "J'écoute du jazz et des vieilles chansons françaises, le tout saupoudré d'un peu de funk."

"Le temps d'une chanson, mes angoisses se taisent un peu."

Élodie*, 27 ans, Nice : "Je continue à répéter en attendant que les établissements culturels rouvrent. Ça m'occupe la tête."

Emmy*, 20 ans, Agen : "Je suis musicienne et j'étudie en composition. Alors je persévère sur mes projets en me disant que le monde culturel finira par reprendre vie et que je pourrai bientôt les concrétiser."

Ceux qui visionnent de bons films

Victorien*, 27 ans, Tours : "Je privilégie les œuvres produites avant les années 2000. Je crois que ça me permet de faire comme si le coronavirus n'existait pas. J'échappe à la morosité du temps présent, tant que dure le film."

Pénélope, 21 ans, Lambersart : "Les films et les séries me permettent de me sentir moins seule et d'échapper à la réalité."

"Face à mon écran, je me réfugie dans une autre réalité."

Lucie*, 22 ans, Rennes : "Je lis, je regarde des séries et des documentaires historiques pour me cultiver... Et j'évite de regarder les informations !"

Doris*, 27 ans, Alençon : "Face à mon écran, je me réfugie dans une autre réalité. J'ai l'illusion d'avoir du contrôle sur ma vie. Maintenant que tout est fermé, je réalise à quel point la culture était nécessaire à mon équilibre mental."

Ceux qui arrivent à se sentir utiles

Mélanie, 26 ans, Nîmes : "Je suis infirmière. Je me dis que tenir bon en vaut la peine."

Bérangère*, 27 ans, Paris : "J'aide des jeunes qui en ont besoin avec des cours de soutien pour qu'ils traversent cette période le moins péniblement possible."

Joséphine, 21 ans, Lille : "J'ai créé un groupe de parole dans mon école pour qu'on puisse discuter de ce qu'on ressent entre étudiants."

Éloïse*, 22 ans, Ussel : "Je suis enseignante, mes élèves ont besoin de moi. Je ne veux pas flancher."

Ceux qui boivent les paroles des humoristes

Mélinda*, 28 ans, Caluire-et-Cuire : "Je dédramatise en écoutant les humoristes de France Inter et grâce à la doudoune sans manche de Daniel Morin."

Clothilde*, 26 ans, Nantes : "Que ferais-je sans les chroniques hilarantes de Tanguy Pastureau ?"

"Je dédramatise grâce à la doudoune sans manche de Daniel Morin."

Lisa*, 30 ans, Aix-en-Provence : "Quand j'ai le blues, je cherche des spectacles d'humoristes sur YouTube."

Ceux qui vivent en coloc

Camille*, 21 ans, Rennes : "J'ai la chance de vivre avec des colocataires. Dès que l'un d'entre nous s'effondre, il sait qu'il pourra trouver du réconfort et une oreille attentive dans la chambre d'à côté. C'est plus simple de se consoler entre jeunes. Beaucoup d'adultes ont mis du temps à comprendre notre isolement. Ils se contentent de tenir des grands discours culpabilisants à l'encontre de la jeunesse."

Françoise*, 23 ans, Bourges : "J'habite avec cinq colocataires, depuis six mois seulement, mais leur présence est un soulagement. On apprend à se connaître et on se console quand l'un ou l'autre craque."

Nathalie*, 20 ans, Lille : "Ma coloc' me booste, on reste sur rails tous ensemble."

Ceux qui gardent l'espoir d'un monde meilleur

Louise, 24 ans, Aix-en-Provence : "J'espère que la folie humaine a atteint son paroxysme et que le vieux monde se meurt. J'espère que cette pandémie aura pu être un déclic pour tous, une prise de conscience. J'espère que face aux excès de notre système économique, face aux inégalités qui se confirment, nous aurons la force et le courage d'imaginer un autre monde. Il est grand temps de changer."

"Quoiqu'il arrive, l'avenir reposera sur nous, les jeunes."

Guillemette*, 27 ans, Le Chesnay : "Après l'année qui vient de s'écouler, j'ai envie de croire à des jours meilleurs. " 

Lorie*, 23 ans, Strasbourg : "Rien n'est simple dans la vie, c'est ce qui la rend belle. Quand ça ne va pas, je me rappelle que d'autres vivent pire ailleurs. Parfois, on est tellement obnubilé par ce qu'il nous manque, qu'on en oublie la chance qu'on a."

Guillaume, 28 ans, L'Île Bouchard : "Quoi qu'il arrive, l'avenir reposera sur nous, les jeunes. Il faut qu'on soit prêts pour construire un monde meilleur."

Ceux qui se focalisent sur des projets

Alexandre*, 26 ans, Lyon : "Un jour, tout ira mieux. J'essaye de me projeter à court terme. Je fais des plans pour cet été et pour septembre prochain."

Aïcha*, 21 ans, Brest : "J'imagine des trucs que je pourrais enfin faire quand la crise sanitaire sera finie. En attendant, j'améliore du mieux que je le peux mon quotidien."

"J'ai perdu mon emploi, pas ma rage de vivre."

Pauline, 29 ans, Angers : "Après la crise, j'ai envie de m'acheter une maison et de fonder une famille au plus vite. Je m'accroche à cette idée qui me fait du bien".

Morgan, 28 ans, Granville : "J'ai perdu mon emploi avec la pandémie, mais pas ma rage de vivre. Je continue à faire des projets professionnels et j'essaye de me construire, malgré tout."

Ceux qui étudient la médecine

Pierre*, 24 ans, Lille : "Je termine mes études dans quatre mois et je sais qu'en tant que médecin, j'aurais pas de mal à trouver un premier emploi vu les besoin en ce moment. C'est soulageant."

Bonaventure*, 20 ans, Valence : "Je prépare le concours de médecine. Dans tous les cas, cette année ça aurait été métro, boulot, dodo pour moi. Au moins, je rate rien."

Ceux qui peuvent s'évader dans la nature 

Flora, 29 ans, Pinas : "Je vis à la campagne. Je vais marcher, courir, me promener. Quand rien ne va plus, je respire un grand bol d'air frais."

Valentin, 26 ans, Genouilly : "J'ai un jardin et des animaux de compagnie, en pleine campagne. Même si le monde extérieur à ma vie privé m'angoisse terriblement depuis le début de la pandémie, c'est une source de réconfort."

Ceux qui se disent que c'est bientôt fini

Maxime, 28 ans, Rennes : "On est encore vivants. Malgré les privations et l'isolement, j'essaye de trouver des perspectives heureuses à la période." 

"Si la jeunesse perd espoir, à qui va-t-il en rester ?"

Fiona*, 24 ans, Saint-Étienne : "J'ai l'impression qu'au printemps prochain tout ira mieux. Ce n'est qu'un mauvais moment à passer."

Nathanaël*, 28 ans, Toulon : "Après la pluie, le beau temps. Je prends mon mal en patience. Si la jeunesse perd espoir, à qui va-t-il en rester ?"

Ceux qui se rappellent qu'on est tous touchés

Paul-Antoine*, 20 ans, Grenoble : "On est tous dans le même panier, ensemble. J'ai envie de dire aux jeunes qui dépriment : 'croyez en vous !' Il ne faut surtout pas culpabiliser de souffrir de la période ou dramatiser le fait de demander l'aide en ce moment. On peut le faire !"

"Il ne faut surtout pas culpabiliser de souffrir de la période."

Margaux, 26 ans, Chantilly :  "Des jours meilleurs arrivent. On savourera encore mieux les prochains moments ensemble."

Judith*, 22 ans, Paris : "On est tellement nombreux à galérer. Je me dis que bientôt on pourra insuffler un changement tous ensemble."

Ceux qui font des jeux de société 

Barbara*, 23 ans, Montreuil : "On fait une soirée jeux de société au moins une fois par semaine avec mes colocataires. Ça permet de rompre l'isolement tout en respectant les consignes sanitaires."

Alice*, 25 ans, Orléans : "Je joue aux cartes avec mon conjoint le soir. Ça change des films et des séries.  "

Ignace*; 27 ans, Mantes-la-Jolie : "On fait pas mal de jeux de société en famille et on rit beaucoup. Ça permet de se sentir vivant !"

Ceux qui relativisent

Pierre*, 28 ans, Paris : "Au siècle dernier, quand on avait 20 ans, on était envoyé sur le front. Il faut relativiser notre malheur et profiter : on ne meurt pas de faim, on est en sécurité et on peut passer nos soirées à lire ou à téléphoner à ceux qu'on aime. Il y a pire !"

Ceux qui essayent d'avoir la vie la plus normale possible 

Charlotte*, 21 ans, Paris : "M'habiller tous les matins au lieu de rester en pyjama m'aide beaucoup. Ensuite, je me fixe des objectifs faciles à atteindre pour la journée qui me donnent le sentiment d'accomplir quelque chose."

"M'habiller tous les matins au lieu de rester en pyjama m'aide beaucoup."

Gladys*, 22 ans, Clermont-Ferrand : "J'essaye de me concentrer sur des projets réalisables malgré la pandémie pour ne pas oublier que la vie continue."

Ceux qui apprécient la solitude 

Claire, 30 ans, Montpellier : "Je vis l'instant présent. J'ai trouvé un petit équilibre. J'écoute mon corps. Certes, je fais moins de choses, mais j'ai aussi l'impression d'avoir quitté une spirale mondaine qui me pesait." 

Hilaire*, 28 ans, Versailles : "Je bois du thé, au chaud, chez moi et j'essaye de me recentrer sur l'essentiel. Je suis en bonne santé. Tout va bien. Il faut relativiser. "

Ceux qui font du sport sans modération 

Ludivine*, 19 ans, Tours : "Je me fixe des petits objectifs sportifs tous les jours. Ça défoule !"

Anouk, 23 ans, Rouen : "Je fais du yoga quotidiennement."

"Des petits objectifs sportifs tous les jours."

Florian, 24 ans, Paris : "Mon entraîneur de handball organise des séances de sport en ligne. Ça nous permet de rester en contact et de préserver l'esprit d'équipe."

Estéban*, 20 ans, Brest : "Je fais du sport tous les jours pour m'aérer et sortir de la pièce où je télétravaille."

Ceux qui se réfugient dans le travail

Ornéla, 26 ans, Toulouse : "Je trouve une forme de liberté dans mon travail. Je donne tout, puisque c'est tout ce qu'on a en ce moment."

Caroline, 22 ans, La Rochelle : "J'ai le privilège immense de travailler dans un collège. Jusqu'à 17 heures, tout va bien. Ensuite, je rentre chez moi et c'est plus difficile."

"Après six mois de recherches ardues, j'ai enfin trouvé mon premier emploi."

Fleur*, 24 ans, Bordeaux : "Je suis presque contente quand j'arrive aux travail le lundi matin. Mon métier ne m'intéresse pas vraiment, mais voir mes collègue tous les jours me fait du bien."

Théophile, 25 ans, Paris : "Après six mois de recherches ardues, j'ai enfin trouvé mon premier emploi. Je suis rassuré !"

Ceux qui bénissent les réseaux sociaux 

Sarah*, 29 ans, Saint-Étienne : "Même s'ils peuvent être néfastes, les réseaux sociaux ont des avantages, surtout en ce moment. Ils me permettent de rester en contact avec mes amis et ma famille."

Eulalie*, 23 ans, Marseille : "Sans les réseaux sociaux, je ne serais plus en contact avec personne. Ça ne suffit pas à m'apaiser, mais c'est déjà ça."

Jolan, 26 ans, Toulouse : "Je peux plus voir mes proches, mais grâce aux réseaux sociaux, on communique autant qu'on peut."

Ceux qui se plongent dans les cours

Calixte*, 18 ans, Nîmes : "En prépa, j'ai cours en présentiel. Je continue donc à voir mes amis, à être dans le système scolaire, dans un lycée. Cela donne à ma vie un semblant de normalité et ça m'aide à tenir."

Jules*, 19 ans, Lille : "Mes parents me paient une école de commerce à 10 000 € l'année. Je n'ai pas d'autre choix que sauver les meubles et tout faire pour valider."

"Je n'ai pas d'autre choix que sauver les meubles."

Mathilde*, 26 ans, Clermont-Ferrand : "Je prépare l'agrégation d'Histoire pour début mars. Cet objectif me permet de garder le cap, même si les conditions ne sont pas idéales. J'ai bon espoir d'être face à des élèves en septembre prochain."

Ludovic, 19 ans, Lille : "Je m'accroche à mes ambitions. Si on lâche les études maintenant, ce sera beaucoup plus dur plus tard."

Édith*, 21 ans, Perpignan: "On se sert les coudes dans ma promotion. Sans mes petits camarades, je pense que j'arrêterais !"

Ceux qui tombent dans la bouffe et l'alcool

Ombeline*, 30 ans, Lyon : "Je noie mon malheur dans la nourriture et l'alcool tous les samedis soirs. Avec ce maudit le couvre-feu, c'est devenu mon rituel. Je bosse six jours sur sept. J'ai juste le temps de travailler... Puis, d'aller acheter de quoi manger et m'alcooliser encore."

"Je mange beaucoup, trop même. Mais ça m'aide à oublier."

Louane*, 19 ans, Marseille : "Je mange beaucoup, trop même. Mais ça m'aide à oublier que je ne vois plus personne, que je suis noyée sous mes études et que je fais des crises d'angoisse."

Ceux qui se confient à leur psy

Nadia*, 22 ans, Bordeaux : "Je vais voir un psychologue. Toute cette ambiance me pèse trop. Cela me soulage un peu de consulter."

Arthur*, 22 ans, Bordeaux : "Je n'y arriverais pas sans mon rendez-vous hebdomadaire avec ma psychiatre. Pourtant, je ne suis pas en grande précarité ni trop isolé. Mais, c'est vraiment dur ce qu'on vit !"

"Je n'y arriverais pas sans mon rendez-vous hebdomadaire avec ma psychiatre.

Tanguy*, 23 ans, Paris : "Je suis sous antidépresseurs, sans boulot, depuis le début de la crise sanitaire. Les crises de larmes sont quotidiennes. Je n'en peux plus."

Ceux qui sont proches de leur famille 

Louise, 22 ans, Angers : "Je suis rentrée chez mes parents pour ne pas rester enfermée, seule, dans mon 20 m²."

Romain, 27 ans, Paris : "Heureusement que ma famille me soutient. On se voit aussi souvent qu'on le peut. Sans eux, je serai littéralement perdu."

Manon, 25 ans, Bordeaux : "J'essaye d'être le plus en lien possible avec ma famille. C'est plus compliqué d'aller voir mes grands-parents, mais les appeler me fait beaucoup de bien."

Agathe, 19 ans, Toulon : "Je ne veux pas décevoir ma famille, alors quand je doute, je pense à eux pour m'encourager."

Ceux qui attendent beaucoup du vaccin

Morgan, 25 ans, Caen : "Je me dis que d'ici cet été, toutes les personnes âgées seront vaccinées. Ce sera au tour des jeunes et on pourra vivre des vraies vacances."

Lison*, 30 ans, Aix-en-Provence : "J'essaye de garder le moral et je me ferai vacciner dès que je pourrais. Il faut être patient."

Sarah, 23 ans, Aix-en-Provence : "Si les vaccins nous sortent enfin de ce cauchemar, nous seront libres en automne prochain. J'essaye de faire des beaux projets de voyage pour ce moment-là, en me disant : Allez, encore un peu de courage. Après ce sera incroyable."

"Tenir bon, les vaccins arrivent."

Ezékiel, 28 ans, le Havre : "J'espère que la campagne de vaccination va produire ses effets et la situation s'améliorer d'ici l'été."

Robinson, 19 ans, Nantes : "J'espère une sortie de crise grâce aux vaccins aux alentours de septembre 2021."

Émilien, 24 ans, Tours : "Il faut tenir bon, les vaccins arrivent. Le plus dur semble être derrière nous."

Ceux qui ne tiennent plus 

Nous avons aussi reçu plusieurs témoignages de jeunes qui n'en peuvent plus. Leur vie ne tient qu'à un fil, auquel ils s'accrochent sans savoir ce que l'avenir leur réserve. Nous vous transmettons leurs histoires, reflet de la réalité terrible que subissent certains d'entre eux. 

Thaïs*, 23 ans, Villeurbanne : "Je tiens parce que je me dis que si me tuais, ce serait horrible pour mes voisins de découvrir mon corps. Je ne veux infliger ce traumatisme à personne."

Marion*, 23 ans, Lyon : "Je suis étudiante en cinéma, mais j'ai perdu le goût de faire des films. Je ne sais pas comment je vais trouver la force de terminer mes études. Un artiste enfermé, qui s'entend dire depuis des mois qu'il est "non essentiel" a bien du mal à trouver l'inspiration pour créer."

Thierry, 29 ans, Maubeuge : "Je me contiens grâce à mon épouse et ma fille de huit mois. Mais pour combien de temps ? Tout est fermé, on ne peut pas se projeter... Comment voulez-vous ne pas déprimer ? "

* Certains jeunes ont souhaité rester anonymes. Leurs prénoms ont été modifiés.