Quel avenir pour le journalisme ?
Quel avenir pour le journalisme ? © Fotolia / Bobo Ling

Après les Etats-Unis et le Canada, la France enregistre une crise des vocations concernant le journalisme. Les raisons de ce phénomène sont multiples.

Les étudiants en journalisme sont de moins en moins nombreux. Au Canada, à l’Université de Montréal, le nombre d’inscrits à la filière journalisme a baissé de moitié en 10 ans. Toujours au Canada, mais cette fois à Laval, le département Information et communication ne compte plus que 45 étudiants contre 110 il y a 10 ans . En France, le constat est le même.

Des raisons multiples

Comment expliquer cette baisse ? Coût des études, précarité de l’emploi et manque de temps pour traiter des sujets de fonds, les raisons de ce déclin sont nombreuses.La France n'est pas épargnée par ce phénomène . Kathleen Comte est allée à la rencontre d'étudiants en journalisme pour connaître leur avis sur la question.

Pour Mélanie, 25 ans, bientôt diplômée d’une école de journalisme reconnue :

Je comprends très bien la jeune génération, parce qu’aujourd’hui même moi je leur conseillerais de ne pas faire journaliste, même si c’est un beau métier.

Mélanie avoue qu'elle y réfléchirait à deux fois si c'était à refaire. Pour elle, le métier de grand reporter ne fait plus rêver . Aller en Syrie pour un reportage est trop dangereux.

Autre raison du déclin du nombre d’étudiants en journalisme : la réputation du métier. Influencé, sous pression, les journalistes ont une mauvaise image . Pour Matthieu, 27 ans, journaliste bientôt diplômé et actuellement en stage, c'est une des raisons qui peut démotiver la jeune génération.

On passe notre temps, nous les Français, à taper sur les journalistes.

Moins de quantité pour plus de qualité

Au Celsa, l'une des écoles reconnues et située à Paris, le nombre d’inscrits au concours d’entrée de l’école est passé en cinq ans de 830 à 680, soit une baisse de 150 personnes. Pour Hervé Demailly responsable du master journalisme au Celsa , la baisse en quantité est compensée par une augmentation en qualité. D'après lui, la jeune génération est plus réaliste, mieux informée et plus pragmatique face aux réalités du métier.

Aujourd’hui, on a un public qui est plus investi dans la démarche du journaliste et de son rôle social, selon Hervé Demailly

Trop de diplômés pour trop peu de postes

Mélanie l'a constaté, la filière est bouchée et mène surtout vers la précarité. Une réalité bien loin de l’idée qu’elle se faisait du métier avant d’entrer en école de journalisme.

En France, pour devenir journaliste, les étudiants peuvent se former en passant par des écoles, des IUT ou des universités. 14 cursus sont "reconnus par la profession". Ils constituent les formations les plus prestigieuses pour accéder au métier de journaliste radio, télé, agence, presse écrite ou web. Pour accéder aux concours d'entrée il faut être au minimum Bac + 2.

Le nombre de plus en plus important des formations reconnues représente, selon le SNJ Radio France, une cause importante de la précarité de la profession, car le nombre de diplômés est trop important par comparaison au nombre d’emplois disponibles.

Selon la délégué SNJ Radio France :

Par exemple, 14 cursus reconnus ça veut dire chaque année une centaine de diplômés pour la filière radio. Or Radio France, qui est certainement le plus gros employeur radio, recrute en général une quinzaine de journalistes par an. Vous voyez tout de suite la disproportion. A noter, cette annnée l'entreprise doit supprimer 270 postes en raison d’une baisse des dotations de l’Etat.

De quoi décourager encore plus de vocations...

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