En France, c'est un véritable phénomène de société au point que nous sommes le premier marché du secteur en Europe avec celui des puzzles. Que vous soyez bons ou mauvais perdants, les invités de Dorothée Baraba vous expliquent, dans l'émission "L'Été comme jamais", pourquoi les jeux de société nous fascinent tant.

Le jeu de cartes "UNO". Objectif : ne plus avoir de cartes du tout et crier UNO dès qu'il vous en reste une seule en main
Le jeu de cartes "UNO". Objectif : ne plus avoir de cartes du tout et crier UNO dès qu'il vous en reste une seule en main © Getty / picture alliance / Contributeur

Le Pictionary, Le Monopoly, Le Uno, Le Dobble, Le Time's up, Les Loups-Garous de Thiercelieux, Kingdomino, Le Trivial Poursuit, Les Aventuriers du Rail… cette liste est loin d'être exhaustive ! Ils sont si nombreux qu'on hésite longtemps avant de trouver celui qui correspond à l'attente de tous les joueurs réunis autour de la table. Mais tous proposent un concept et une intrigue bien singuliers. 

Au micro de Dorothée Barba, Bruno Cathala, auteur de jeu de société, notamment de Kingdomino ; Eva Szarzynski, ludothécaire et Lucien Maine, auteur, acteur et vidéaste, reviennent sur ce qui fait la vertu du jeu de société en général, et qui explique les raisons pour lesquelles les Français aiment tant ce loisir. Ils vous dressent au passage une petite liste de jeux à découvrir, selon vos envies : 

Les Français, plus grands consommateurs européens de jeux de société

Comme l'explique la ludothécaire, Eva Szarzynski : "il y a à peu près 500 jeux qui sortent tous les ans en France". Un fort engouement de la part des Français, qui s'est confirmé pendant le confinement où le jeu de société a été d'un véritable secours pour s'échapper. Même avant, le secteur du jeu se portait déjà extrêmement bien en France avec, notamment, 19 millions de jeux vendus en 2018. 

En plus d'avoir publié le top 10 des ventes de jouets pour la semaine du 16 mars au 22 mars 2020, avec le Monopoly, la Bonne Paye et le Scrabble en têtes de liste (Trivial Poursuit en 9e position), le cabinet d'étude de marché NPD rapporte que "la France se distingue depuis quelque temps déjà comme le premier marché des jeux de société et puzzles en Europe et la catégorie a enregistré un chiffre d'affaires de 578 millions d’euros en 2019, en croissance de 10 % par rapport à l’année précédente - par comparaison, il est évalué à 392 millions d’euros au Royaume-Uni et 473 millions en Allemagne en 2019".

Un facteur de lien social et de construction personnelle

Au-delà du jeu de société, le procédé révèle inconsciemment le besoin de lien social des joueurs qui se réunissent autour de la table pour rivaliser le temps d'une ou plusieurs parties. Selon Bruno Cathala, auteur de jeux de société, "c'est un générateur permanent d'émotions qui peut grandement contribuer à notre bonheur social" en invitant à repenser notre manière de penser, nos attitudes. Inconsciemment ce sont nos personnalités, nos caractères qui s'entrecroisent et se confrontent au gré des parties. Le jeu de société permet de prendre un certain recul avec soi-même, de prendre conscience de ce que nous sommes, d'en apprendre un peu plus sur ses adversaires tout en jouant sur leurs faiblesses psychologiques en guise de stratégie. 

Pour Bruno Cathala "on évolue dans une société où, depuis l'enfance, on nous apprend à paraître, où il faut être celui que les autres attendent de nous. Mais quand on joue, les masques tombent soudainement car les règles du jeu autorisent à être soi-même et à apparaître tel qu'on est pour le gain de la victoire". C'est une façon de se libérer véritablement. 

Eva Szarzynski :

Le jeu est un formidable apprentissage pour apprendre à gagner dans la défaite, qu'elle soit individuelle ou collective.

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