L’IGS aurait donc trafiqué des pv d’auditions, tronqué des rapports d’écoutes, falsifié des signatures : tout un chantier monté, semble t-il, pour atteindre Yannick Blanc, haut fonctionnaire à la préfecture de police de Paris, suspect parce que de gauche. Selon les éléments rapportés hier par le Monde, la police des polices aurait fait passer au trapèze (ou au tourniquet) plusieurs fonctionnaires de la PP, afin d’incriminer leur supérieur, Yannick Blanc. Ensuite, les bœufs-carottes, ou du moins certains d’entre eux, auraient trafiqué le papier (la procédure). Effet immédiat en 2007 : sanctions pour Yannick Blanc et quatre fonctionnaires (deux sont encore suspendus aujourd’hui). Effet retard en 2011 : le chantier s’effondre et le maçon se retrouve au cœur d’une enquête judiciaire pour malfaçons.

panneau chantier
panneau chantier © Radio France / y.caradec

Evidemment, on ne connaît que les chantiers qui ont échoué. Et il y en a quelques-uns. Le plus célèbre est peut-être celui desIrlandais de Vincennes . A Paris, à l’été 1982, des tueurs lancent une grenade et mitraillent les clients du restaurant Goldenberg, rue des Rosiers. 6 morts et 22 blessés. Dans la foulée, le président Mitterrand installe à l’Elysée une cellule antiterroriste, dirigée par le créateur du GIGN, Christian Prouteau.

Pendant que celui-ci est en vacances, son adjoint, Paul Barril, fait une descente dans un appartement de Vincennes où résident trois Irlandais, qu’il présente comme les assassins de la rue des Rosiers. Des armes et des explosifs sont saisis. Quelques mois plus tard, les Irlandais sortent de prison. Les armes et les explosifs avaient été apportés par Paul Barril lui-même. Prouteau reconnaîtra plus tard : « Paul avait chargé la mule ».

Plus récente, et jugée tout récemment, l’affaire des policiers menteurs . Là aussi, un chantier foireux. En septembre 2010, à Aulnay-sous-Bois, plusieurs équipages chassent une Twingo signalée volée, dont le conducteur ne veut pas s’arrêter. Ils réussissent à le coincer, mais un policier est blessé lors de l’interpellation, par un de ses propres collègues. Comme ça fait mauvais genre sur des états de service (a percuté un camarade), les flics improvisent un chantier : c’est le fuyard qui a percuté l’agent. Fin 2011 : prison avec sursis pour ces policiers mauvais artisans.

Petit avertissement à ceux qui chercheraient sur google « monter un chantier, police » : ils tomberont sur le site de la préfecture de Police, où il est indiqué que « …chantier est soumis à autorisation du Préfet de Police ». En cliquant, on dissipe les soupçons : c’est l’utilisation d’un engin de chantier qui requiert cette autorisation.

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