Après la décision du Conseil d'Etat, des milliers de personnes se mobilisent depuis mercredi pour une croix qui surplombe la statue de Jean Paul II à Ploërmel. Le hashtag #MontreTaCroix est parmi les plus utilisés ce samedi.

La décision du Conseil d'Etat provoque des remous à Ploërmel mais aussi bien au delà
La décision du Conseil d'Etat provoque des remous à Ploërmel mais aussi bien au delà © AFP / Damien Meyer

Sur Twitter, un hashtag chasse l'autre. Certains obtiennent un gigantesque retentissement comme dernièrement #balancetonporc. D'autres, font parler d'eux car des politiques s'en emparent. C'est le cas de #MontreTaCroix, une mobilisation médiatique débutée ce mercredi pour défendre la présence d'une croix sur un monument surplombant une statue de Jean-Paul II, installée sur une place de Ploërmel dans le Morbihan. Et à travers elle, le symbole chrétien. 

Jean-Paul II, une arche et une croix

L'affaire remonte à 2006. Une statue du pape, don de l'artiste russe Zourab Tsereteli, est installée sur une place de Ploërmel. Elle est surmontée d'une arche elle-même coiffée d'une croix.

La Fédération morbihannaise de la libre pensée et deux habitants de la commune saisissent le tribunal administratif de Rennes après le refus du maire de retirer le monument d'une hauteur de 7,5 mètres.

Ce mercredi, plus de dix ans après, le Conseil d'État a confirmé l'injonction, prononcée en première instance, de retirer la croix, au nom du respect de la loi de séparation des Églises et de l'État. "Dès lors que la croix constitue un signe ou un emblème religieux" au sens de la loi sur la séparation des Églises et de l'État, "sa présence dans un emplacement public est contraire à cette loi", écrit le Conseil d'Etat.

Le juge administratif rappelle les termes de l'article 28 de la loi du 9 décembre 1905 : "Il est interdit, _à l’avenir_, d’élever ou d’apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l’exception des édifices servant au culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires ainsi que des musées ou expositions." 

Une loi qui ne concerne donc aucun des symboles religieux érigés avant 1905 et aucune croix surplombant une nouvelle église ou une sépulture.

Un point qui ne semble pas très clair pour tout le monde. 

Ce partage de photos de croix de tous les coins de France se veut surtout revendication de racines chrétiennes et de l'histoire de France. 

L’affaire de la croix de Ploërmel devient alors revendication identitaire et à ce titre plusieurs figures politiques de droite et d’extrême droite s'emparent du sujet, comme Louis Alliot, vice président du FN, Christine Boutin, qui de sa retraite politique multiplie les tweets et les photos de croix, ou Jean-Frédéric Poisson et Gilles-William Goldnadel.

D’autres politiques, sans utiliser le hashtag, ont tout de même tenu à faire connaitre leur soutien à la croix de Ploërmel, comme Valérie Boyer, qui s'était déjà insurgée contre la "disparition des croix chrétiennes" sur les emballages des yaourts à la grecque, ou Nicolas Dupont-Aignan et même Jean-Pierre Raffarin y est allé de son tweet.

Pour Jean-Louis Bianco, président de l'Observatoire de la laïcité ces réactions sont, tout simplement "ridicules" et font preuve de mauvaise foi car "le Conseil d'État ne fait que dire ce qui est la loi depuis 1905".

La Pologne veut "sauver" la statue

La Première ministre conservatrice polonaise a déclaré samedi que son pays était prêt à accueillir le monument : "Le gouvernement polonais tentera de sauver de la censure le monument de notre compatriote, et nous proposerons de le transférer en Pologne, en cas d'accord des autorités françaises et de la communauté locale"

Pour Beata Szydlo "le diktat du politiquement correct - de la laïcisation de l'Etat - laisse la place libre à des valeurs qui nous sont étrangères culturellement et qui mènent à terroriser la vie quotidienne des Européens".

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