Le footballeur Kilian Mbappé, l'acteur Omar Sy, l'animatrice Sonia Rolland, l'actrice Aissa Maïga : voici ce que disent les personnalités noires de France des évènements qui agitent les États-Unis.

"Qu'on ne nous demande plus pourquoi nous avons peur", écrit l'actrice Aïssa Maïga
"Qu'on ne nous demande plus pourquoi nous avons peur", écrit l'actrice Aïssa Maïga © AFP

La plupart ont publié le carré noir du #BlackOutTuesday. Et beaucoup ont appelé à manifester à Paris mercredi soir en mémoire d'Adama Traoré. Voici ce que disent les personnalités noires de France des évènements qui font trembler les États-Unis depuis la mort de Floyd de George Floyd, un Afro-américain de 46 mort asphyxié par un policier blanc à Minneapolis.

Kilian Mbappé : "Justice for George"

L'attaquant de l'équipe de France et du PSG a juste publié sur Twitter et Instagram un dessin qui appelle les policiers à être du coté de le population et non "contre" la population.

Dès le 30 mai, il avait publié un tweet qui a été partagé près de 80.000 fois : "#JusticeForGeorge"

Teddy Riner: "On ne peut plus laisser passer ça"

Le judoka Teddy Riner a écrit sur Twitter : "On ne peut plus laisser passer ça". Il accompagne son tweet d'une citation de Nelson Mandela en anglais: "Personne ne naît en haïssant une autre personne en raison de la couleur de sa peau, de son passé ou de sa religion. Les gens doivent apprendre à haïr, et s'ils peuvent apprendre à haïr, on peut leur apprendre à aimer, car l'amour vient plus naturellement au cœur humain que son contraire."

Omar Sy : "Que justice soit enfin faite" 

L'acteur, qui vit aux États-Unis depuis plusieurs années, a manifesté à Los Angeles en hommage a George Floyd. Il a posté une photo sur son Instagram dimanche. On le reconnaît derrière son masque, il porte une pancarte "I can't breathe".

"Hier, à Los Angeles, nous avons marché en paix et solidarité en criant les noms de George, Breonna, Ahmaud et tant d’autres victimes ici aux US. Via ce post et cette photo, je crie aussi le nom d’Adama Traoré, qui, en France, le 19 juillet 2016, a perdu la vie de la même façon que George Floyd. Que leurs âmes puissent reposer en paix et que justice soit enfin faite", écrit-il.

Jo-Wilfried Tsonga : "Cette tragédie, c'est une de trop"

C'est rare de voir le tennisman s'aventurer sur des sujets sociétaux. "Cette tragédie, c'est juste une de trop", a dénoncé le tennisman français Jo-Wilfried Tsonga dans une interview à franceinfo. "En tant que métis, ce genre de comportement m'est insupportable et j'ai l'impression que ça devrait l'être pour tous", réagit-il. "C'est juste une tragédie de trop" qui "donne envie de crier plus fort", ajoute Tsonga, qui confie avoir été plusieurs fois victime de racisme depuis son enfance.

Aissa Maïga : "Qu'on ne nous demande plus pourquoi nous avons peur"

Très active sur la question des violences policières et de la discrimination raciale, l'actrice Aïssa Maïga a publié plusieurs appels à la justice pour George Floyd en story sur Instagram. "Qu'on ne nous demande plus pourquoi nous avons peur", écrit-elle sous la photo de George Floyd menotté ventre à terre. 

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QU’ON NE NOUS DEMANDE PLUS POURQUOI NOUS AVONS PEUR George Floyd est menotté. Ventre à terre. Coincé sous le poids du policier qui lui bloque la cage thoracique. George Floyd ne peut plus respirer. Il suffoque. Il crie. Il supplie. Le policier, sous les yeux et les invectives des témoins, est immuable. George Floyd supplie. George Floyd lance un « Mama ! ». Un appel désespéré qui vous crève littéralement le cœur. Les passants supplient aussi. Mais le flic ne bougera pas. L’homme en uniforme savoure calmement sa toute puissance sur le corps noir. George Floyd se tait. George Floyd est mort. Les caméras des téléphones tournent toujours. La scène est insoutenable. Ça se passe aujourd’hui aux États-Unis. Chez nous, en France, 80% des personnes victimes de violences policières mortelles sont issues des minorités ethniques. Chez nous, en France, en 2020, la technique du plaquage ventral est toujours autorisée au sein de la police. Une méthode pourtant interdite dans plusieurs pays européens en raison du risque élevé de mort par asphyxie chez les personnes interpellées. Chez nous, en France, on aimerait entendre s’élever les voix de ceux et celles, au sein du corps policier, qui condamnent fermement le racisme institutionnel. @assa.traore_ @cameliajordana #justicepouradama #georgefloyd #icantbreathe #blacklivesmatter #moiaussijaipeurdevantlapolice

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Paul Pogba : "Les actes de racisme ne peuvent plus être tolérés"

"J'ai ressenti de la colère, de la pitié, de la haine, de l'indignation, de la douleur, de la tristesse", témoigne le footballeur français, champion du monde en 2018, au sujet de la mort de George Floyd. "Tristesse pour George et pour tous les Noirs qui souffrent de racisme tous les jours. Que ce soit au football, au travail, à l'école, PARTOUT !", écrit-il sur son compte Instagram. "Cela doit cesser, une fois pour toutes. Les actes de racisme ne peuvent plus être tolérés."

Sonia Rolland : "Le sacrifice de Kaepernick ne fut pas vain"

L'animatrice qui réclame "que justice soit faite" pour George Floyd a aussi posté sur sont compte une image rappelant le genou à terre de Colin Kaepernick en 2016.

"Il y a quatre ans, il osait poser le genou à terre durant l'hymne national américain, en signe de protestation contre le racisme aux États-Unis et les violences policières envers les minorités. Aujourd’hui, ce signe devient le symbole de solidarité de policiers envers les victimes et les manifestants. Le sacrifice ne fut pas vain", estime-t-elle.

Féfé : "Il y a un autre virus, mortel, qui lui aussi est mondial"

"J’étouffe, j’ai envie de crier mais j’y arrive pas, comme si je manquais d’air. Comme si on m’avait mis un genou sur la nuque alors que j’étais déjà menotté au sol, impuissant. On a tous été touché par le corona et grâce à un effort mondial, on est gentiment (je croise les doigts) en train de le battre. Il y a un autre virus, mortel, qui sévit depuis bien trop longtemps et qui lui aussi est mondial. Appelez-le la haine de l’autre, le racisme, l’injustice, qu’importe. Il serait temps de l’éradiquer ensemble...", écrit le chanteur sur son compte Instagram.

Imany cite Camus

Ces dernières heures, en parallèle du mouvement #BlackOutTuesday sur les réseaux sociaux, la chanteuse Imany a posé une vidéo compilant plusieurs scènes de violences policières, notamment à l'encontre de personnes noires. "On commence par vouloir la justice et on finit par organiser la police", commente-t-elle en citant Albert Camus.  

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