manifestation le 21 février 2015 à Toulouse
manifestation le 21 février 2015 à Toulouse © MaxPPP / GUILLAUME HORCAJUELO

Rémi Fraisse est mort dans la nuit du 25 au 26 octobre 2014 sur le site du barrage de Sivens (Tarn). Ce jeune militant écologiste de 21 ans a été tué par une grenade offensive lancée par un gendarme lors d'affrontements entre "zadistes" et forces de l'ordre.

Les parents et la soeur de Rémi Fraisse ont écrit une tribune et lancé un appel à témoins jeudi dans Le Monde pour tenter de comprendre dans quelles circonstances leur fils est mort.

Où en est l'enquête?

Après la plainte déposée par la famille, une information judiciaire pour "violences par une personne dépositaire de l'autorité publique ayant entrainé la mort sans intention de la donner" a été ouverte. La ligne de défense de la gendarmerie est d'affirmer que les gendarmes étaient en état de légitime défense face à une flambée de violence et des jets de cocktails Molotov pendant la manifestation des zadistes. À ce jour, la lumière n'a pas été faite sur les circonstances du drame.

Constat accablant de la Ligue des droits de l'Homme

La mort de Rémi Fraisse sur la ZAD (zone à défendre) de Sivens résulte du choix "délibéré de l'autorité politique de faire exercer par les forces de l'ordre un niveau de violence considérable" pour évacuer les opposants du site, affirme La Ligue des Droits de l'Homme dans un rapport publié vendredi. La commission d'enquête citoyenne de la LDH fait un constat "accablant" des circonstances qui ont conduit au décès du jeune militant écologiste. La commission s'est basée sur l'exploitation d'articles, blogs, vidéos, et l'audition de 34 militants zadistes, responsables politiques et associatifs locaux, témoins de l'ensemble ou de certains événements survenus sur la zone. "La survenance d'un drame et la mort d'un homme étaient dans la logique du dispositif mis en place" , dit-elle. Le président du conseil général du Tarn, le préfet et le commandant de gendarmerie n'ont pas souhaité être entendus par la LDH.

Aucune manifestation à Sivens dimanche

Sur le site de Sivens, la manifestation "anniversaire" a été interdite, et la préfecture du Tarn a annoncé des mesures préventives. "Il vaut mieux prévenier que guérir", assure le préfet. Il a également interdit une autre manifestation, organisée elle par des agriculteurs pro-barrage. Le père de Rémi Fraisse avait lui évoqué plutôt un recueillement à Plaisance du Touch, près de Toulouse où le jeune homme habitait. Le porte-parole du collectif pour la sauvegarde du Testet avait approuvé l'offre, annonçant "un rassemblement à midi pour un pique-nique suivi à 13h30 d'un recueillement" .

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.