Chaque année, trois millions de Français vivent un deuil. L'association Empreintes organise ce vendredi au Sénat les premières Assises du deuil afin de porter des mesures d'accompagnement de ce moment intime et presque tabou, et dévoile à cette occasion une étude du Credoc que France Inter a consulté en avant-première.

Comment réagissons-nous face à un deuil ?
Comment réagissons-nous face à un deuil ? © Getty / Hero Images

Selon la définition du Larousse, le deuil est la "douleur, l'affliction éprouvée à la suite du décès de quelqu'un". Mais quelle en est sa représentation du deuil dans la société française ? Quels en sont les effets sur la santé, le travail ? En appui des Assises Nationales du deuil qui se tiennent ce vendredi 12 avril au Sénat, l'association Empreintes - qui accompagne des personnes en deuil -, a commandé une enquête* au Credoc (Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie), que France Inter, en partenariat avec le journal La Croix, vous dévoile en avant-première.

34 % d’entre eux s’estime actuellement au début ou en cheminement dans son deuil. Le deuil peut s'étendre au-delà du cercle familial selon 92 % des personnes interrogées. 

Quatre Français sur dix estiment qu'on ne se remet pas d'un deuil.

Un impact sur la santé et le travail

La moitié des personnes ayant vécu un deuil a subi une altération de la santé. 

L’absentéisme au travail est une réalité pour un actif sur deux. Un tiers d’entre eux bénéficie d’un arrêt de travail. La perte d'un conjoint est celle qui a l'impact sur le plus long terme.

La durée d’affaiblissement psychologique dû à un décès dépend de la personne décédée

Évidemment, plus on est proche de la personne décédée, plus on est affecté par sa perte. Lorsqu'il s'agit du décès du conjoint, 37 % des personnes répondent "encore aujourd'hui" à la question : combien de temps ce décès vous a fragilisé(e) psychologiquement. C'est encore plus vrai si c’est son enfant qui disparaît (40 %). Pour un père ou une mère, un frère ou une sœur, plus de 30 % des personnes en souffrent au moins un an et presque autant sont encore touchées longtemps après. Mais même le décès d'un collègue de travail peut nous fragiliser psychologiquement durant une longue période.

La difficulté de l'accompagnement

Le deuil isole : près d’une personne sur deux a été heurtée par les injonctions et les clichés véhiculés par son entourage, "d'autant que nous vivons dans une société de la performance", explique Marie Tournigand, déléguée générale de l'association Empreintes. 

"Notre société gomme les vulnérabilités. Il est mal vu d'être fragile et de le rester. C'est probablement à cause d'un sentiment d'impuissance totale face au deuil" 

Après le soutien de la famille et de l'environnement professionnel, c'est celui des pompes funèbres qui permet aux personnes endeuillées de faire face à cette période délicate.

L'association Empreintes veut profiter des Assises nationales du deuil pour porter des mesures afin de mieux former les professionnels à la gestion du deuil. Elle demande notamment la création d'un "référent deuil" dans chaque organisme (entreprise, école, hôpital, etc.). Cette personne, bénévole, serait formée pour savoir comment repérer une personne en deuil, trouver les mots, et l'orienter vers les structures adaptées. 

* Enquête réalisée en mars 2019 par internet, portant sur 3 377 individus, représentatifs des 18 ans et plus. Méthode des quotas selon l'âge, le sexe, la CSP, la région, la taille de l'agglomération. 

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