A quelques jours du déconfinement, il est temps de repenser nos habitudes pour les adapter aux nouveaux impératifs sanitaires. Pour de nombreux citadins, la crainte des transports en commun est l'occasion de venir grossir les rangs des "vélotaffeurs", ceux qui vont travailler à bicyclette. Encore faut il être équipé...

Pour acceuillir les flots de nouveaux cyclistes, de nombreuses villes comme Paris mettent en place des pistes cyclables temporaires
Pour acceuillir les flots de nouveaux cyclistes, de nombreuses villes comme Paris mettent en place des pistes cyclables temporaires © Maxppp / Julien Mattia

Comment se rendre au travail quand le retour massif dans les transports en commun est craint par les usagers, déconseillés par les autorités et que le retour à la voiture est impossible ? À quelques jours du déconfinement, cette question devient de plus en plus pressante pour de nombreux citadins. Avec le retour des beaux jours, toutes les conditions semblent réunies pour que le vélo prenne une place plus importante dans nos modes de déplacement. Mais les commerces étant toujours fermés, difficile de s'en procurer un pour être opérationnel lundi.

Comparer les temps de trajet

Certains ont opté pour un achat en ligne. Devant un point de retrait des commandes du XIXe arrondissement de Paris, aucun des futurs cyclistes ne semble quitter le métro à regret. La crainte de la contagion est l’argument qui leur manquait pour se lancer. 

Claire a commandé son vélo juste à temps pour commencer un nouveau travail lundi, plus proche de chez elle : "C'est à cinq kilomètres ! En vélo, j'en ai pour 20 minutes, alors qu'en transports j'en aurais pour 35 à 40 minutes. Quand je travaillais à Clichy, je me disais toujours que dès que je pourrais m'extirper du métro je le ferais."

Plébiscité pour le côté sympathique de sa pratique, le vélo reste tout de même un investissement. Marie a choisi un modèle électrique à 1 500 euros. Pour se l’offrir, elle fait appel à une prime à l’achat, proposée par de nombreuses collectivités. En Ile-de-France, elle peut se monter à 500 euros. "C'est un tiers du prix ! C'est une des bonnes raison pour lesquelles j'ai acheté le vélo, parce que j'hésitais quand même. C'est beaucoup d'argent..."

L'occasion, bon remède contre le vol

C'est même inabordable pour beaucoup, qui se tournent vers l’occasion. Fred repart du magasin le sac rempli de pièces détachées. Ce passionné a profité du confinement pour retaper la vingtaine de vélos qu’il avait à la cave et les revendre en ligne : "Pour chacun, je reçois une dizaine de mails, et les gens le veulent dès lundi ! Ils ont un vélo pour pas trop cher, je les vends 50 ou 60 euros, le fait qu'il ne soit pas neuf permet d'éviter de se le faire voler. Et ça leur donne une deuxième vie !"

Dans la perspective du déconfinement, le ministère de la Transition écologique et solidaire a d'ailleurs annoncé le lancement d'un plan de 20 millions d'euros afin de faciliter la pratique du vélo, dont la prise en charge par l'État à hauteur de 50 euros de la réparation ou la remise en état d'une bicyclette. Par exemple pour faire changer une chaîne, un frein, un pneu ou un dérailleur. 

Avec tous ces nouveaux cyclistes attendus dès lundi, gare aux accidents ! Même s’il n’est pas obligatoire après douze ans, le port du casque reste fortement recommandé.

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