Une communauté particulièrement endeuillée, mais aussi mal à l'aise avec la libération de certaines paroles racistes après l'attentat.

Prière à la En Nour de Nice, après l'attentat du 14 juillet
Prière à la En Nour de Nice, après l'attentat du 14 juillet © Maxppp / Jean-François OTTONELLO

Il y a un mois tout juste : l'attentat de Nice. Des centaines de personnes fauchées sur la promenade des anglais juste après le feu d'artifice du 14-Juillet. Bilan : 85 morts, 400 blessés dont 28 sont toujours hospitalisés.

La Baie des Anges évidemment reste très marquée par ce drame. Notamment la communauté musulmane, une communauté particulièrement endeuillée mais aussi mal à l'aise avec la libération de certaines paroles racistes après l'attentat.

La mosquée En Nour est un bâtiment moderne vitré dans l'ouest de Nice. Deux jours après le drame, adultes et enfants se sont pressés ici pleurant les victimes, notamment les 30 victimes musulmanes. L’imam Mahmoud Benzamia dit que ses fidèles sont toujours très éprouvés.

La communauté passe un moment très difficile. Sur les réseaux il y a des commentaires, des menaces des propos de racisme, mais je reste optimiste, nos concitoyens sont intelligents.

Ce menaces, ces insultes sont l'œuvre d'une minorité, dit également l'imam à propos des tags il y a quelques jours sur un mur de la mosquée.

Après Nice il y a eu Saint-Etienne du Rouvrais : un prêtre assassiné dans son église. De ces horreurs Mahmoud Benzamia veut paradoxalement tirer du positif.

Avec nos frères catholiques on a mené une rupture du jeune ensemble, et notre deuxième action a été notre présence à la messe, nous étions une trentaine. Un moment inoubliable !

L'imam promet plus de journées portes ouvertes dans sa mosquée et d'autres rencontres avec aussi les juifs les protestants les non-croyants, dit-il.

Manuel Valls fin juillet a appelé à refonder l'Islam de France. « Chiche », lui répond Mahmoud Benzamia.

Les musulmans ont besoin d’une représentativité transparente et plus structurée.

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