Le 14 juillet 2016, à Nice, un attentat faisait 86 morts et 400 blessés. Un an après, la ville reste à vif. La cicatrice n'est pas mal fermée : elle n'est pas fermée du tout.

Les centaines de personnes blessées physiquement, le sont aussi psychologiquement.
Les centaines de personnes blessées physiquement, le sont aussi psychologiquement. © AFP / Valery HACHE

Vendredi 14 juillet 2017, le président de la République se rend à Nice pour rendre hommage aux victimes de l'attentat qui, il y a un an, dévastait la promenade des Anglais : 86 personnes tuées par un camion qui a foncé dans la foule venue assister au feu d'artifice.

Pour le professeur Michel Benoit, le traumatisme de la population est intimement lié à la promenade des Anglais. Michel Benoit dirige le service de psychiatrie adulte du CHU Pasteur à Nice :

C'était une fête populaire, le 14-Juillet, dans un lieu éminemment populaire. C'est comme si une météore était tombée sur la promenade ce soir-là.

Comme si leur environnement leur avait été volé

Plusieurs milliers de personnes ont eu accès aux cellules médico-psychologiques dans les semaines qui ont suivi l'attentat. Mais beaucoup n'ont pas donné suite et un an après, toutes les semaines de nouvelles personnes arrivent. "Il y a des gens qui viennent pour autre chose, pour un problème de travail, pour un problème familial, pour une dépression par exemple, et on s’aperçoit qu'ils étaient sur la Promenade le soir de l'attentat", explique le médecin.

Le malaise est longtemps refoulé, minimisé aussi par rapport à la douleur des victimes directes. Mais l'attentat est comme un poison qui paralyse petit à petit, dit Michel Benoit. "Beaucoup de personnes disent : je me sens bien chez moi, comme si leur environnement leur avait été volé ou devenait anormalement dangereux. La pathologie fait son lit dans ce sentiment de dangerosité potentielle qui n'a pas lieu d'être."

Une peur irrationnelle qui handicape le quotidien. Il ne faut pas hésiter à consulter, dit le médecin.

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