Avec la crise sanitaire, la plupart des étudiants sont privés de cours en présentiel et de petits boulots. Ils doivent faire face à l'isolement et à une précarisation accrue depuis quelques mois. Un mal-être auquel l'association "Nightline"prête l'oreille via une ligne téléphonique spécifique à Saclay, au sud de Paris.

Un service d'écoute
Un service d'écoute © AFP / Xosé Bouzas / Hans Lucas

Pendant cette crise sanitaire, les étudiants se sentent, pour beaucoup d'entre-eux, seuls et déprimés. Emmanuel Macron a promis il y a une semaine des mesures : des repas à un euro midi et soir pour tous dans les restaurants universitaires et la possibilité de venir en cours physiquement un jour par semaine pour rompre l'isolement. 

Promesse formulée lors d'un déplacement à l'université de Paris-Saclay, au sud de la capitale : c'est sur ce campus que l'association "Nightline" a justement ouvert, en novembre dernier, son service d'écoute pour entendre la souffrance étudiante.

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À l'écoute des étudiants isolés

L'association "Nightline", inspirée d'une initiative irlandaise, est déjà présente notamment à Paris et Lille. Elle a créé cette antenne à Saclay (Essonne) pour offrir un service d'écoute téléphonique en soirée aux étudiants, par téléphone ou par messagerie écrite sur Internet. Le service est assuré par des étudiants bénévoles formés. "Nightline" a trouvé sa place dans un petit local d'une résidence du Crous et reçoit des appels, comme des messages par chat : les deux sont possibles pour les étudiants.

"Cela peut être plus facile de parler en tapant sur un clavier qu'en entendant la voix de quelqu'un, on peut se sentir moins facilement jugé, plus à l'abri", selon le président de l'antenne de l'association à Saclay, Billie*. Selon lui, 80 à 100 étudiants attendent parfois pour pouvoir dialoguer, mais il précise que c'est quand même rare : "On a des pics à certaines heures, en général vers minuit ou 1h du matin."

"Il y a des sujets qui reviennent comme des tentatives de suicide malheureusement"

Alors de quoi leur parlent les étudiants ? "Il y a des sujets qui reviennent, assez généraux comme la crise sanitaire, les relations sociales, les études", explique Billie. Mais c'est parfois plus grave : "Certains étudiants n'ont plus beaucoup d'espoir, il y a des sujets qui reviennent, comme des tentatives de suicide malheureusement." Billie reconnait que c'est assez compliqué, mais que les bénévoles ont été formés pour.

Au bout du fil ou par message, il faut faire face à la détresse renforcée par la crise sanitaire. 14 bénévoles se relaient du mardi au vendredi de 21h à 2h30, tous étudiants, comme Paul : "On est étudiants, on a des galères que des appelants peuvent avoir aussi, je pense que c'est rassurant pour l'appelant de savoir que c'est quelqu'un qui peut comprendre ce que la personne vit".

"Beaucoup d'étudiants sont enfermés chez eux."

Les bénévoles tentent d'oublier leurs propres soucis, comme Camille, quand elle vient travailler à "Nightline". Pour cette bénévole, il est essentiel et urgent de recréer du lien a l'université. "Beaucoup d'étudiants sont enfermés chez eux ou dans leur résidence étudiante et ils n'ont aucun moyen de pouvoir discuter avec quelqu'un autrement qu'à travers les cours à distance", explique-t-elle.

Les bénévoles disent se sentir utiles et reconnaissent avoir de temps en temps "des messages de remerciement". Pour faire face à la détresse des étudiants, des formations sont d'ailleurs en cours pour doubler le nombre de bénévoles.

* Tous les prénoms ont été changés pour préserver l'anonymat.