Les hôtels de standing proposent de plus en plus des chambres à la journée. Pour les couples illégitimes, mais aussi réguliers, ainsi que pour des réunions d'affaire.

La location de chambres à la journée se développe : couples illégitimes, mais aussi familles, voyageurs en transit et femmes et hommes d'affaire.
La location de chambres à la journée se développe : couples illégitimes, mais aussi familles, voyageurs en transit et femmes et hommes d'affaire. © Maxppp / Yuri Arcurs

En cette journée de Saint-Valentin, les couples jeunes ou moins jeunes voudront peut-être s'offrir une furtive parenthèse plus romantique que le repas des enfants ou la chambre de bonne avec toilettes sur le palier au 6e sans ascenseur. Les couples illégitimes s'offriront peut-être aussi un moment avant d'aller célébrer - ou pas - la fête des amoureux avec "l'officiel/le".

Traditionnellement habitués aux "5 à 7", les petits hôtels, et parfois les plus sordides, louent depuis longtemps leurs chambres pour des amoureux de passage. Mais depuis deux ans, les hôtels trois et quatre étoiles investissent le marché français de la location des chambres en journée pour les voyageurs en transit, les voyages d'affaire mais surtout les couples.

Une chambre pour une, deux ou trois heures, dans un créneau horaire de 12H00 à 18H00. Cette demande existe depuis la nuit des temps mais Dayuse.com, site de réservation de chambre d'hôtels en journée, suivi par d'autres (Poz'in, Soroom, etc..), ont chamboulé le marché hôtelier français. Le site Dayuse.com se vante de capter "70% du volume de ce marché", soit plus de 650 hôtel en France, dont 430 à Paris et en Île-de-France, d'après son fondateur David Lebée.

"On est parti du constat que 70% des chambres sont vides la journée. On monétise donc les actifs dormants, en renforçant l'industrie hôtelière, sans pour autant la perturber, contrairement à Airbnb, Uber, qui ont cassé les modèles existants", se défend le fondateur du site.

Les couples illégitimes... mais pas que

Pour David Lebée, "la clientèle se répartit entre les voyageurs en transit à 30%, les réunions d'hommes d'affaires à 30%, et enfin les familles et les couples, à hauteur de 40%", affirme-t-il.

Alors que les sites visent aussi les couples réguliers - en quête d'une escapade romantique ou trop à l'étroit chez eux - ces créneaux horaires attirent "clairement une forte proportion de couples, illégitimes en très grande partie", estime Vanguelis Panayotis, directeur du développement du cabinet d'expertise MKG Group.

Même son de cloche chez Christophe Sauvage, fondateur et directeur général d'Elegancia Hotels, qui compte 17 boutiques-hôtels à Paris, répertoriés sur Dayuse.com. "La clientèle est majoritairement composée de couples illégitimes. Cet usage est aussi vieux que l'hôtellerie et les fondateurs de Dayuse.com ont eu la bonne idée de mettre en place une plateforme technologique à disposition de ces clients", note-t-il.

Quant aux tarifs, ils sont "de 35% et jusqu'à 75% inférieurs à ceux de la nuitée", selon David Lebée.

"Par exemple, une chambre double qui se vend normalement 220 euros la nuit va partir à 90 euros pour la journée, entre 12h00 et 15h00, sur Dayuse.com", assure l'hôtel Amour, situé près du célèbre quartier Pigalle à Paris.

Un complément de revenu, sauf pour les palaces

Ce type de location est aussi un complément de revenus pour les hôteliers, dans un contexte de baisse de fréquentation touristique après les attentats de 2015 et 2016 en France.

"C'est une opportunité d'agréger une autre source de revenu mais il faut être honnête, ça reste à la marge", tempère Christophe Sauvage, précisant que les établissements qui répondent le mieux à cette offre sont situés "près de la gare Montparnasse et de bureaux".

Cette offre concerne majoritairement les hôtels trois ou quatre étoiles, beaucoup moins les établissements très haut-de-gamme.

"On a réfléchi un temps à se positionner sur ce genre de sites mais nous n'avons pas la demande. Les palaces abritent souvent des restaurants de renom, des rendez-vous d'affaires, qui occasionnent beaucoup de passage. Les personnes ne veulent peut-être pas être vues monter à l'étage des chambres en pleine journée", explique François Delahaye, directeur général du Plaza Athénée, palace parisien de l'avenue Montaigne.

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