Centrale de Tricastin
Centrale de Tricastin © Max PPP / PHOTOPQR/LE DAUPHINE

Après la nouvelle action des militants de l'organisation écologiste, qui se sont introduits à l'aube sur la centrale nucléaire du Tricastin (dans la Drôme), le gouvernement envisage "des sanctions pénales plus lourdes" pour dissuader les écologistes (et les autres).

C'était tôt ce matin, et ce n'était pas la première fois. Une trentaine d'individes s'introduisent à l'intérieur du site de la centrale nucléaire du Tricastin, pour poser une nouvelle fois la question de la sécurité de l'installation.

Peu de temps après, le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Pierre-Henri Brandet, fait état de 29 interpellations, soit l'ensemble des individus "tous identifiés et localisés".

Le point avec Nathalie Rodrigues, de France Bleu Drôme-Ardèche.

Le ministère de l'Intérieur et EDF assurent que les militants de Greenpeace ne sont pas entrés dans les zones les plus sensibles de la centrale, ce que conteste l'ONG.

"Si toucher physiquement l'enceinte d'un réacteur n'est pas être à un endroit sensible, je ne sais pas ce qui est sensible", explique à Reuters Yannick Rousselet, chargé du dossier nucléaire pour Greenpeace France.

Pour lui, la question de la sécurité est bien posée.

Greenpeace avait apparemment soigneusement préparé cette opération coup de poing, dont elle a mis sur son site internet des photographies et un court enregistrement vidéo.

Entrés à 5h20 sur le site, les militants "ont atteint les réacteurs en 15 minutes", dit dans un communiqué l'organisation écologiste, selon laquelle cette centrale nucléaire est l'une des "cinq plus dangereuses de France".

Selon Greenpeace, ces militants, qui ont déployé des banderoles sur le site, ont pris position sur "les structures de chargement des réacteurs N°1 et N°3".

Une des photos publiées par l'organisation montre une grande banderole tendue sur une infrastructure métallique dressée contre l'enceinte de béton armé d'un réacteur.

"Tricastin, accident nucléaire" et "Président de la catastrophe ?" lit-on sur cette banderole à côté de l'effigie de François Hollande. Avant le lever du jour, Greenpeace a aussi projeté sur le réacteur l'image d'une fissure et le slogan : "Tricastin accident nucléaire. Prêt à payer le prix ?"

Pas de problème de sécurité, pour l'Intérieur

Un porte-parole d'EDF a déclaré à Reuters que les militants de Greenpeace étaient à l'extérieur des zones sensibles.

L'Autorité de sûreté nucléaire a estimé dans un communiqué que "l'événement", dont elle dit avoir été informée à 7h15, n'avait pas eu d'"impact sur la sûreté de l'installation".

"C'est une action médiatique mais qui ne représente pas de danger", a renchéri le porte-parole du ministère de l'Intérieur.

Ce qui était important c'était que la détection soit très précoce, elle l'a été. A partir du moment où on a su que c'était une action médiatique menée par Greenpeace, le danger a été évalué avec précision."

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Yannick Rousselet maintient que les militants de Greenpeace sont bien entrés dans le périmètre de sécurité nucléaire et ont pu toucher physiquement les enceintes de deux réacteurs.

Yannick Rousselet a déclaré:

Nos militants sont arrivés au sas d'accès des pièces de grande dimension. Ce qui veut dire que des personnes avec de mauvaises intentions auraient pu porter atteinte à la sûreté des réacteurs.

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Le gouvernement perd patience

Loin d'applaudir l'initiative des militants de Greenpeace, les ministres de l'Intérieur et de l'Ecologie réclament un durcissement des sanctions contre les personnes pénétrant illégalement dans les centrales nucléaires. Le cadre juridique doit mieux répondre aux exigences de sécurité, estiment Manuel Valls et Philippe Martin.

Les deux ministères précisent dans un communiqué commun que des sanctions pénales plus lourdes sont à l'étude. "La qualification des faits comme ceux commis ce matin est la 'violation de propriété privée', ce qui est manifestement inadapté". Ils ajoutent qu'ils ont adressé un courrier au président d'EDF pour lui rappeler que la sécurité des installations nucléaires devait demeurer une priorité.

Actuellement, 20 pelotons spécialisés de la gendarmerie nationale sont dédiés à la protection des sites nucléaires, où ils assurent une présence permanente et interviennent en cas d'incidents comme celui de lundi au Tricastin.

Un changement de statut des installations nucléaires pourrait être proposé dans le cadre de la loi sur la transition énergétique à l'automne, précise les deux ministères.

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