e gouvernement s'était engagé à trancher d'ici fin 2017 sur ce projet vieux de 52 ans, il a finalement annoncé son abandon ce mercredi 17 janvier 2018.

Randonnée d'opposants au transfert de l'aéroport de Nantes à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), le 26 novembre 2017, sur le site prévu pour l'infrastructure.
Randonnée d'opposants au transfert de l'aéroport de Nantes à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), le 26 novembre 2017, sur le site prévu pour l'infrastructure. © AFP / Fred Tanneau

Y aura-t-il un aéroport construit à Notre-Dame-des-Landes ? Le rapport des médiateurs sur le projet controversé d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes sera formellement remis "début décembre", après le retour d'Edouard Philippe de Nouvelle-Calédonie, a indiqué Matignon ce lundi, confirmant une information de France Inter

Les trois médiateurs, nommés il y a six mois, devaient remettre vendredi 1er décembre leur rapport au gouvernement afin de l'aider à trancher sur cet épineux dossier. Imaginée à la fin des années 1960, la plateforme aéroportuaire devait initialement être inaugurée cette année. Retour sur les temps forts de ce projet, enlisé depuis depuis 52 ans.

1965 - La naissance du projet

L'aéroport de Notre-Dame-des-Landes est imaginé à la fin des années 1960 pour absorber la hausse du trafic aérien dans l'ouest de la France et remplacer celui situé au sud de Nantes.  En 1965, le préfet de Loire-Atlantique lance la recherche d'un "nouveau site aéronautique pour les régions Bretagne et Pays de la Loire". Jugée facilement accessible et extensible, la zone de Notre-Dame-des-Landes est retenue dès 1967. Le projet est approuvé par le Comité interministériel d'aménagement du territoire en 1970.

1974 - Création de la ZAD

En 1974, une zone d'aménagement différée (ZAD) est créée par arrêté préfectoral. Cela permet au conseil général d'acquérir progressivement, durant 20 ans, les terres occupées. Le terme est repris et transformé par les opposants qui parlent de "Zone à défendre". Une première association, l'Adeca, "Association de Défense des Exploitants Concernés par l'Aéroport", se forme dès 1973.

2000 -  Lionel Jospin entérine le projet

Après plusieurs années d'atermoiements, le Premier ministre, Lionel Jospin, confirme que l'aéroport sera construit. Le débat public dure jusqu'en 2003 mais ne débouche sur aucun consensus. Les premières manifestations d'opposants ont lieu à Nantes.

2008 - 2013 - Le bras de fer se durcit

La déclaration d'utilité publique (DUP) est publiée en 2008. Un an plus tard, les opposants commencent à occuper la ZAD. En 2012, les autorités lancent une première opération d'expulsion baptisée "César". Plus d'un millier de policiers et de gendarmes interviennent durant plusieurs semaines. L'opération donne lieu à des affrontements médiatisés. Les expulsions sont suspendues à l'hiver 2012 mais de grandes manifestations d'opposants rassemblent jusqu'à 40 000 personnes en 2013 et 2014.

26 juin 2016 - Le Oui l'emporte au référendum

En janvier 2015, le président de la République, François Hollande, annonce que le projet sera lancé "quand les recours seront épuisés". Un mois plus tard, le Conseil scientifique du patrimoine naturel et de la biodiversité (CSPNB) émet un "avis défavorable" au projet qui détruirait des zones humides précieuses, "en voie de disparition sur l'ensemble de l'Europe de l'Ouest". Durant l'été, les recours formés contres les ordonnances d'expropriation ordonnées en 2012, et contre les arrêtés autorisant les travaux, sont rejetés. 

En janvier 2016, la justice valide les procédures d'expulsion initiées par le concessionnaire du futur aéroport, Aéroport du grand ouest (AGO), filiale de Vinci, à l'encontre des occupants qui refusent de vendre leurs terres. Un mois plus tard, plusieurs élus écologistes entrent au gouvernement. François Hollande annonce alors l'organisation d'un référendum local, en Loire-Atlantique, ce qui mécontente toutes les parties. Le 26 juin 2016, 55, 17% des votants se prononcent pour la construction d'un nouvel aéroport. Les zadistes sont invités à quitter la zone d'occupation.

2017 - Une décision pour la fin de l'année?

Un an et demi après le référendum, la ZAD est toujours occupée. Les travaux de l'aéroport n'ont pas encore commencé. Pour tenter de sortir le dossier de l'impasse, le gouvernement désigne trois médiateurs chargés de rédiger un rapport le 1er juin 2017. Dès le mois de septembre, ces derniers ont fait savoir qu'il n'y aurait pas de prise de position pour ou contre la réalisation de l'aéroport. Le gouvernement devait rendre sa décision avant le 1er janvier 2018. Mais finalement, celle-ci est reportée.

2018 - L'évacuation ?

C'est finalement mi-janvier que les autorités locales ont annoncé la décision du gouvernement d'abandonner le projet. La Zad devrait, sous un mois, être évacuée.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.