Manifestants à Nantes
Manifestants à Nantes © MaxPPP/Ouest France

La manifestation rassemblant des milliers de personnes contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes a dégénéré samedi après-midi dans le centre-ville de Nantes, théâtre d'affrontements entre plusieurs centaines d'opposants radicaux et les forces de l'ordre.

La préfecture annoncé 20.000 manifestants dont 1.000 "radicaux". Plusieurs dizaines de milliers de personnes pour le porte-parole de l'Acipa, la principale organisation d'opposants au projet d'aéroport qui considère que "peu importe ce que dira la préfecture, c'est un grand succès".

Les incidents ont fait quatre blessés parmi les forces de l'ordre qui ont interpellé une personne. En différents endroits du parcours de la manifestation, des participants ont tiré des projectiles en direction des forces de l'ordre qui ont chargé à plusieurs reprises et on fait usage d'une grande quantité de grenades lacrymogènes, de grenades assourdissantes et de canons à eau.

En fin d'après-midi, le centre-ville de Nantes affichait des scènes de dévastation. Les casseurs ont saccagé un poste de police, une agence du groupe Vinci (concessionnaire du projet d'aéroport), mais ont aussi brisé plusieurs vitrines de magasins. Au moins deux engins de chantier mais aussi une barricade ont aussi été incendiés. Des objets ont été lancés sur les caténaires SNCF afin de bloquer la circulation des trains.

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, ancien député-maire de Nantes et fervent défenseur du projet d'aéroport, a "condamné avec la plus grande fermeté les actes violents". "En démocratie, le droit de contester et de manifester contre un projet est légitime. Mais de telles violences sont inacceptables, et rien ne pourrait les justifier".

Sur place, le reportage d'Anne Patinec

### ### La manifestation avait commencé dans une ambiance bon enfant. A un mois des municipales, les manifestants visaient directement dans leur slogans comme sur leurs banderoles le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, ancien député-maire de Nantes et fervent partisan du projet. Dans le cortège Eva Joly, députée européenne EELV, le sénateur EELV Jean-Vincent Placé, Christian Troadec, leader des "Bonnets rouges" bretons venu "à titre personnel", le coprésident du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon. Cécile Duflot, la ministre écologiste du Logement, elle a affirmé samedi dans un entretien au Monde que si elle n'était pas ministre, elle soutiendrait "plutôt deux fois qu'une" les opposants, se disant "de coeur avec eux". La secrétaire nationale d'EELV Emmanuelle Cosse a "condamné fermement les actes de violence à Nantes". La manifestation est organisée deux mois après la publication des arrêtés préfectoraux autorisant le début des travaux préalables à la construction de l'aéroport. Des recours ont été déposés contre ces arrêtés mais n'ont pas de caractère suspensif. Cependant, les travaux n'ont toujours pas commencé. L'inauguration du futur aéroport Grand Ouest, prévue initialement en 2017, est désormais envisagée seulement "en 2019 ou avant 2020" par les partisans du transfert.
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