Le général Jean-Louis Georgelin, président de l'Établissement public chargé de la reconstruction de la cathédrale, était l'invité du journal de 13h sur France Inter. Il a défendu le choix de la "continuité" pour Notre-Dame, avec une flèche en bois et en plomb, et une toiture recouverte de plomb.

La flèche de la cathédrale Notre-Dame avait été détruite après l'incendie du 15 avril 2019.
La flèche de la cathédrale Notre-Dame avait été détruite après l'incendie du 15 avril 2019. © Getty / Tran Vu Quang Duy

Exit le "geste architectural contemporain" envisagé un temps pour reconstruire Notre-Dame de Paris : quinze mois après l'incendie ayant ravagé la cathédrale, le président Macron a finalement opté pour rebâtir la rebâtir comme elle était. Il a "acquis la conviction" qu'il faut restaurer la cathédrale à l'identique, a indiqué l'Elysée jeudi soir, après une réunion de la Commission nationale du patrimoine et de l'architecture (CNPA), réunissant élus, experts et architectes du chantier.

Le général Jean-Louis Georgelin, président de l'Établissement public chargé de la reconstruction de Notre-Dame, était l'invité d'Yves Decaens dans le journal de 13h de France Inter. Il a notamment indiqué que la flèche sera "faite comme elle était, avec du bois et du plomb", tout en défendant le choix de la "continuité". 

FRANCE INTER : Cette décision prise par Emmanuel Macron va-t-elle permettre d’accélérer les travaux ?

JEAN-LOUIS GEORGELIN : "Elle va surtout permettre de planifier les travaux eux-mêmes. Pour le moment, nous sommes encore dans la phase de consolidation et de sécurisation. Ça va nous permettre d’y voir clair sur ce que nous allons lancer à partir d’octobre et de l’année 2021. Mais cette décision n’a pas été prise du tout dans le but d’accélérer les travaux."

FRANCE INTER : Le président Macron parle de matériaux durables. C’est-à-dire ?

JEAN-LOUIS GEORGELIN : "Les matériaux durables, c’est par exemple le plomb pour la toiture, et le bois qu’on utiliserait pour la charpente. La charpente a été construite en bois. L'avis de la commission nationale, qui approuve la proposition de travaux présentée par l’architecte en chef des monuments historiques, recommandera donc le bois, le chêne, en l’occurrence. Et la toiture était couverte de plomb, c’est ce que nous projetons de refaire. La flèche sera faite comme elle était, avec du bois et du plomb."

FRANCE INTER : Pour beaucoup on pouvait refaire cette flèche de façon moderne, de façon à mieux refléter notre époque et montrer nos savoirs-faire...

JEAN-LOUIS GEORGELIN : "Je crois qu’il ne faut pas dire qu’on a choisi une solution facile par rapport à d’autres qui seraient plus audacieuses ou plus difficiles. Nous avons choisi la continuité. Nous voulons rendre aux Françaises et aux Français, au monde entier, la cathédrale qu’ils aiment. Tout le monde s’accorde à dire que Viollet-le-Duc en dessinant sa flèche a fait véritablement la flèche dont la cathédrale avait besoin. Nous voulons rendre au paysage urbain de Paris la silhouette de cette cathédrale telle qu’elle était, c’est la cathédrale que les gens aiment. C’est le choix de la continuité et c’est le choix qui est conforme aussi à toutes les recommandations qui sont faites, notamment à la charte de Venise."

FRANCE INTER : Le chantier a été ralenti par une pollution au plomb, ensuite par l’épidémie. La réouverture en avril 2024, c’est toujours d’actualité ?

"C’est toujours d’actualité. Nous devons tout faire pour qu’en 2024 la cathédrale soit rendue au culte. Ça ne veut pas dire que tous les travaux seront terminés. On verra comment nous échelonnerons les travaux, d’ailleurs peut-être qu’à cette époque la flèche ne sera pas terminée. Mais la cathédrale sera rendue à ce pour quoi elle a été faite, pour le culte catholique. Ce ne sont pas les deux mois d’interruption avec la pandémie qui sur 5 ans doivent nous conduire à être pessimistes."

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