Le ministre de la Santé Olivier Véran, qui a présenté les derniers chiffres-clés de l'épidémie, affirme qu'il n'y pas, pour l'heure de "vague épidémique", mais reste prudent : cela pourrait vite devenir une "réalité" si aucune mesure n'est prise. Il annonce des "décisions", "dans les prochains jours".

Olivier Véran en conférence de presse le 26 janvier 2020
Olivier Véran en conférence de presse le 26 janvier 2020 © AFP / Bertrand GUAY / POOL

Le ministre de la Santé Olivier Véran et le directeur général de la santé Jérôme Salomon ont tenu ce jeudi une conférence de presse sur l'évolution de l'épidémie en France, alors que le nombre d'hospitalisations liées au virus est monté à 27 169 personnes mercredi ( 128 par rapport à mardi).

Olivier Véran a justifié cette prise de parole "pour que vous puissiez comprendre les décisions que nous devrons prendre dans les prochains jours". 

"Nous ne sommes pas à proprement parler dans une vague épidémique, mais le virus circule à un niveau élevé."

Plus de 20 000 cas positifs par jour

"Nous sommes sur un plateau montant, un peu plus de 20 000 cas positifs chaque jour, cela augmente de 10% en moyenne par semaine, depuis 3 semaines. Aujourd'hui, la dynamique épidémique s'est équilibrée sur la carte de France" a précisé le ministre, évoquant la stabilisation dans l'Est, après le couvre-feu.

Couvre-feu efficace mais pas suffisant

Dans les 15 départements dans lesquels cette mesure a été instaurée, les chiffres sont en baisse, assure le ministre : "Globalement le couvre feu à 18h a une efficacité, il nous a permis d'éviter la vague épidémique de nos voisins, mais ne suffit pas à faire reculer le virus". 

Comme l'ont noté plusieurs observateurs, le ministre de la Santé a parlé du couvre-feu "au passé" -- "le couvre-feu a eu un impact" -- comme si de nouveaux types de restrictions étaient déjà dans les tuyaux..

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Olivier Véran précise que "pendant plusieurs semaines, le bilan des entrées et sorties à l'hôpital a été neutre, mais élevé. Ça reste beaucoup dans nos hôpitaux, plusieurs n'ont pas pu reprogrammer des opérations hors-Covid."

Selon lui, il y aurait actuellement plus de 27 000 patients en hospitalisation, contre 22 000 avant le 2e confinement : "Nous étions alors dans une croissance exponentielle du nombre de cas graves et de décès."

Des variants qui changent la donne

Ces variants inquiète particulièrement le gouvernement : ils représentaient 500 patients jour à leur apparition contre 2000 aujourd'hui. "Le variant britannique et le sud africain sont susceptibles d'entrainer une vague épidémique très forte. Je les considère comme des nouveaux virus (...) Le couvre feu et les autres mesures ne sont pas suffisantes."

"Une épidémie sera une réalité très vite et très forte si nous ne faisons rien."

Tension hospitalière en augmentation

En plus des variants, il reste donc de larges inquiétudes sur la tension dans les hôpitaux: "_3 100 patients atteints de Covid en réa_, c'est beaucoup, c'est presque le niveau dans lequel nous étions en octobre. À Nice, ils sont obligés de transférer des malades qu'ils ne peuvent accueillir. Nous sommes presque à 60% de taux d'occupation des lits en réa par des malades du Covid."

"Nous avons toujours agi pour préserver la santé des Français, nous savons les sacrifices, les bouleversements, l'impact des conséquences psychologiques [de ces mesures]', affirme le ministre, mais la suite est sans appel :

"Les Français font preuve d'un remarquable esprit de solidarité, de responsabilité :  nous devons tenir encore."