Le 8 mars, c'est la journée internationale des droits des femmes. L'occasion de revenir sur les multiples manifestations du sexisme ordinaire qui ont parsemé les premiers mois de 2021. D'une députée traitée de poissonnière à un mot fléché pour qui le "rêve d'une femme" est forcément de "mincir".

Pandémie oblige, il n'y aura pas de traditionnelle manifestation pour célébrer la journée internationale des droits des femmes, ce 8 mars.
Pandémie oblige, il n'y aura pas de traditionnelle manifestation pour célébrer la journée internationale des droits des femmes, ce 8 mars. © AFP / Hans Lucas / Laure Boyer

On appelle ça le sexisme "ordinaire". Celui qui véhicule, au quotidien, des stéréotypes, des représentations, qui excluent, marginalisent, infériorisent les femmes ; avant même de parler de faits de harcèlement ou de violences physiques ou sexuelles et dont nous nous faisons l'écho régulièrement. En cette journée internationale des droits des femmes, nous avons dressé une liste (non exhaustive, sans aucun doute) des faits de sexisme médiatisés depuis le début de cette année 2021.

1. Un député traite une de ses collègues de "poissonnière"

Début février, le député LaRem de Vendée, Pierre Henriet, a écopé d'une sanction financière après avoir traité sa collègue La France Insoumise Mathilde Panot de "poissonnière". Le président de l'Assemblée nationale a appliqué un "rappel à l'ordre avec inscription au procès verbal", ainsi qu'une amende équivalente à la privation, pendant un mois, du quart de l'indemnité attribuée au parlementaire.

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2. Le Graët : "Elles peuvent se tirer les cheveux"

Interrogé mercredi sur les tensions entre la sélectionneuse Corinne Diacre et certaines joueuses de l'équipe de France, Noël Le Graët, actuel patron de la Fédération française de football, a répondu sur RMC Sport que l'équipe n'avait "pas perdu un match" depuis le Mondial-2019. "Aucun match perdu, donc elles peuvent se tirer les cheveux, ça m'est égal", a-t-il dit. Une sortie illico dénoncée comme un "cliché misogyne scandaleux" par Frédéric Thiriez, candidat au poste qu'occupe actuellement Le Graët. La ministre Élisabeth Moreno a également souligné le "sexisme ordinaire" et les "stéréotypes d'un autre temps" portés par cette réflexion.

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3. "Salut les gouines"

Mercredi, Emmanuelle Pierre-Marie, la maire EELV du XIIe arrondissement a partagé sur Twitter une lettre qui lui était adressée ainsi qu'à Alice Coffin, conseillère de Paris. Le courrier manuscrit (et anonyme, évidemment) est un torrent d'insultes : "Avec la tronche que vous avez, c'est sûr que les mâles ne vont pas se bousculer au portillon pour vous tringler", écrit par exemple l'expéditeur, ajoutant à ce courrier bien senti la photo d'un jouet sexuel. "Être femme en politique. Être lesbienne en politique. C’est recevoir quotidiennement des insultes. Je partage ce courrier pour que cette violence soit sue", a expliqué la maire du XIIe, qui a déposé plainte. Les deux femmes ont reçu le soutien de la maire de Paris, Anne Hidalgo. 

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4. Des tee-shirts bien lourds à porter

Le 9 février dernier, la chaîne de restauration rapide Brut Butcher a essuyé de nombreuses critiques à propos de l'obligation faite à ses salariés de porter des tee-shirts aux inscriptions sexistes et jugées dégradantes. Parmi les inscriptions sur ces vêtements de travail figurent ces quelques exemples : "Un restau très cochon", "Il est cho Rizo", "Il faut se la farcir" ou "À poêle les dindes". "Les salariés subissent régulièrement des remarques obscènes et salaces de la part de certains clients", avait expliqué un responsable syndical. L'enseigne a annoncé le retrait de ces tee-shirts quelques jours plus tard.

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5. Le calendrier raté des pompiers de Limoges

Ils comptaient faire un calendrier "sexy" pour 2021. Ils sont passés à côté. De janvier à décembre, certaines photos mettaient en scène une ancienne miss Limousin, ici lascive sur une planche de paddle, à califourchon sur un pompier ou là en train de se maquiller robe longue et talon aiguille. Véhiculant des clichés plus sexistes que sexy, ce calendrier, réalisé par l'amicale des pompiers, a fini par être retiré, fin janvier, après de nombreuses plaintes. L'association a rapidement reconnu "une erreur et une grande maladresse" et, d'après Le Parisien, promis d'effectuer un don à une association afin de montrer son "profond respect" et son "attachement aux valeurs de défense des droits des femmes"

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6. Micro coupé à Boulogne-Billancourt

Elle voulait dénoncer des agissements sexistes. Mais l'élue EELV d'opposition Pauline Rapilly-Ferniot n'en a pas vraiment eu le temps. Cette scène s'est déroulée le 11 février dernier, lors du conseil municipal de Boulogne-Billancourt. Alors que les débats portent sur l’égalité femmes-hommes au sein de la ville, l'élue veut évoquer "de nombreuses remarques assez déplacées" observées au sein de l'équipe municipale. Mais le maire LR, Pierre-Christophe Baguet, l'interrompt brusquement lui reprochant "de petites attaques perfides, individuelles"

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Au HuffPost, l'écologiste de 25 ans a décrit le paternalisme du maire vis-à-vis de son conseil municipal, a dénoncé la répartition symbolique des portefeuilles (les hommes à l'urbanisme et les finances, les femmes aux affaires sociales, petite enfance, écoles). Pierre-Christophe Baguet (élu à Boulogne depuis 1995, maire depuis 2008) a lui expliqué que cette élue se "victimisait" et prenait "tout mal".

7. Réactions dégradantes et sexistes au Twitch de BFMTV

Début mars, la chaîne d'info BFMTV a décidé de se lancer sur la plateforme de streaming vidéo Twitch, avec un premier "live" consacré aux questions de santé et animé par la cheffe du service Santé de la rédaction, Margaux de Frouville. En plus de quelques problèmes techniques, le "chat", espace de discussion et de commentaires en marge du flux vidéo, a été inondé de messages, au mieux sans intérêt, au pire insultants, dégradants et sexistes envers la journaliste. Sur les 22 000 spectateurs, un groupe important s'était visiblement donné pour objectif de "ruiner l’émission", considérant que la chaîne n'avait rien à faire sur Twitch.

Il faut saluer le calme et la maîtrise de Margaux de Frouville, face à ce torrent de messages... Elle a reçu le soutien de plusieurs figures, comme le streamer politique Jean Massiet ou bien le journaliste Samuel Étienne, présent depuis quelques mois sur la plateforme. Une expérience qui fait aussi écho au récit, publié par Vice, de nombreuses streameuses de la plateforme et du sexisme qu'elles subissent lors de leurs lives. 

8. La caméra indiscrète de Pékin Express

Les réactions ont été vives après la diffusion du premier épisode du show d'aventure de M6. Comme l'a souligné le site MadmoiZelle, certains plans de cette émission ont été très insistants au moment où deux candidates prenaient leur douche. "La séquence, bien que courte, est un enchaînement de gros plans et de zooms sur leurs cuisses, leur taille, leur poitrine", regrette le site. Des images que les deux candidates elles-mêmes ont jugées "un peu insistantes" sur leurs comptes Instagram, après la diffusion. 

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9. Sexisme dans le monde du vin

L'agente commerciale Fleur Godart et la caviste Sandrine Goeyvaerts ont porté plainte mi-janvier après la parution dans une revue spécialisée d'une caricature de très mauvais goût. Titrée, "Le Covid oblige à de nouveaux stratagèmes", le dessin met en scène une jeune caviste proposant des faveurs sexuelles à un client. "À la commande d’une palette j’enlève le haut, et à la commande d’un container…", peut-on par exemple lire. Fleur Godart s'est sentie visée par le dessin, explique le magazine Vitisphère, et Sandrine Goeyvaerts, présidente de l’association Women Do Wine, a été vivement attaquée quand elle l'a signalé. Cette dernière dénonce régulièrement sur Twitter le machisme ambiant dans le monde du vin. 

10. La minceur, un "rêve de femme" ? 

Début mars, le bien nommé compte Twitter "Pépite sexiste" a partagé cet extrait d'un cahier de jeux de mots fléchés, s'étonnant d'une définition et de la réponse attendue. En sept lettres, la réponse à la définition "rêve de femme" était... "Minceur". Ou comment véhiculer des clichés... 

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