L’organisation du mouvement #NousToutes espère réunir le plus de monde possible. Samedi après-midi, ce collectif composé de citoyen.ne.s et d’associations organise des marches à Paris et en régions, pour lutter contre les violences sexuelles et sexistes faites aux femmes.

"Non c'est non", l'un des slogans contre les violences sexuelles et sexistes. Image d'illustration.
"Non c'est non", l'un des slogans contre les violences sexuelles et sexistes. Image d'illustration. © Maxppp / Vincent Isore

STOP aux violences sexistes et sexuelles”. Voilà le message que veulent faire passer les membres de #NousToutes, un collectif composé de citoyen.ne.s et d’associations militantes. Ce samedi après-midi, une manifestation à Paris (à 14 heures au départ de la place de l'Opéra) et dans plusieurs dizaines de villes de France sont organisées à l’initiative de ce mouvement fondé un an après le mouvement Me Too et ce à la veille de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, le 25 novembre. Le mouvement a reçu le soutien de 400 journalistes et d'une centaine de syndicalistes ce vendredi, après celui d’avocat.e.s, du personnel médical ou encore la publication d’une tribune sur France Inter signée par de nombreuses personnalités publiques. Questions-réponses avec Marion Schaefer, l’une des porte-paroles du mouvement #NousToutes. 

Comment s’annonce la mobilisation de samedi ? 

“Nous sommes très contentes, car on parle de nous et de notre sujet, les violences sexistes et sexuelles. La marche s’organise très bien et nous espérons réunir beaucoup de monde sur la marche parisienne et la cinquantaine d’autres marches prévues un peu partout en France. C’est un mouvement qui s’est formé progressivement mais très rapidement. En quatre mois nous avons réussi à créer 95 comités locaux en France et en outre-mer. Rien que ça, c’est une réussite, parce que ce sont des milliers de volontaires qui ont travaillé sur cette marche depuis le début, ce sont plusieurs tribunes de soutien qui appellent toutes à marcher ce samedi, c’est aussi plus de 150 000 signatures sur la pétition en ligne, donc c’est une vraie fierté”. 

Combien de manifestant.e.s espérez-vous ?

“On aimerait savoir ! C’est angoissant la veille, mais on sait qu’on sera vraiment nombreuses et nombreux ; en tout cas nous avons travaillé pour! Nous espérons que tout ça aura été entendu, nous avons en tout cas beaucoup de signataires sur la pétition, beaucoup d’engagés sur le groupe Facebook, beaucoup de monde dans les comités locaux.”

Que réclamez-vous ? 

“Notre mouvement est divers et citoyen, il y a une soixantaine d’associations et d’organisations mais c’est aussi des femmes, des hommes, pas forcément des militant.e.s qui ont juste envie de dire stop aux violences sexistes et sexuelles. À ce titre, on est très nombreuses et très nombreux, mais c’est un mouvement de la rue. 

Il faut une prise de conscience massive (...), que les gens se rendent compte qu'au quotidien, ils peuvent faire des choses

Malgré tout, comme on travaille avec des organisations qui sont sur le terrain depuis 30, 40 ans, nous avons une idée de ce qu’il faudrait faire en France pour venir à bout des violences sexistes et sexuelles. Parce qu’on est convaincu.e.s que ce n’est pas une fatalité et on peut en venir à bout, avec des actions individuelles. C’est pour ça que l’on veut créer un électrochoc et une prise de conscience massive dans la société pour que les gens se rendent compte qu’au quotidien ils peuvent faire des choses. Progressivement, on va y arriver !”

Mais ça ne suffit pas… 

“Effectivement, il faut aussi des actions collectives, des politiques publiques plus ambitieuses et il faut passer la seconde ! On pourrait imaginer de doubler les subventions d’associations qui accueillent les femmes victimes de violences, rendre obligatoires des formations pour les professionnels en contact avec les femmes victimes de violences, les policier.e.s, gendarmes, professionnel.le.s de santé, magistrat.e.s, enseignant.e.s. Ce sont vraiment énormément de corps de métiers en contact avec les femmes victimes de violences qui bénéficieraient d’une formation pour les accompagner. Nous avons beaucoup de propositions, mais la première revendication c’est plus d’argent, plus de subventions pour pouvoir travailler correctement.” 

Avec une multiplicité de courants et d’associations au sein de #NousToutes, arrivez-vous à tomber d’accord ?

“C’est ce qui fait la force de #NousToutes. Les autres marches des années précédentes - à l’occasion de Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, le 25 novembre, NDLR - comptabilisaient principalement des militantes et des associations. Cette année, ce qui est incroyable, c’est que ce sont des milliers de personnes, des gens pas forcément militants, qui disent juste ‘STOP, on n’en peut plus des violences sexistes et sexuelles ; c’est pas possible qu’il y ait 250 femmes, 450 enfants violés par jour, qu’une femme sur trois ait vécu du harcèlement sexuel au travail’. Oui il y a des points de vue divers au sein de #Noustoutes et c’est normal, puisqu’on est tous différentes et différents, mais on est rassemblés derrière un mot d’ordre unique.”

Plusieurs tribunes de soutien à #NousToutes ont été publiées (dont une par France Inter), signées par des stars, des journalistes, des avocat.e.s, etc. Toutes les professions sont touchées ?

“Ce n’est pas parce qu’on est avocate ou avocat qu’on est pas concerné par les violences sexistes et sexuelles. On voit en France comme partout ailleurs, pas une femme n’est à l’abri des violences sexuelles et sexistes. Les violences sont partout, on l’a vu dans le milieu du cinéma l’année dernière alors que l’on voyait ce milieu plutôt favorisé et aisé.  Nous aurions aimé avoir d’autres corps de métiers mais le temps à manqué.”

Craignez-vous un télescopage avec le mouvement des Gilets jaunes qui doit aussi manifester ce samedi à Paris ?

“Nous sommes assez sereines. Eux marchent plutôt le matin, même si ce n’est pas très clair. Mais nous, notre mouvement est organisé depuis quatre mois, nous avons travaillé bien en amont avec la Préfecture, donc c’est clair et annoncé, 14 heures à Opéra et on va a République, donc il n’y a pas d’angoisses particulières. 

C’est notre moment, et on aimerait ne pas être éclipsé par les Gilets jaunes

On espère que personne ne viendra empêcher l’autre défiler. (...) Donc c’est vraiment notre moment et on aimerait pas être éclipsé et on espère qu’on ne va pas l’être.”

► À LIRE | "Gilets jaunes" et #NousToutes : deux rassemblements d'ampleur prévus ce samedi à Paris 

Qu’espérez-vous ensuite, après la journée de samedi ?

“En toute transparence, on ne sait pas. On s’est énormément concentré sur cet événement pour créer un électrochoc. On espère qu’il se passera des choses derrière mais tout dépend de l’ampleur de les marches demain. (...) Après, peut-être pourquoi pas un rendez-vous avec le président directement, un groupe de travail, mais l’objectif est vraiment la marche de samedi et de montrer que ce qu’il se passe est anormal et qu’il faut que ça s’arrête.”

La carte des manifestations contre les violences sexistes et sexuelles.
La carte des manifestations contre les violences sexistes et sexuelles. © Visactu /
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