"Arabi fora" ("Arabes dehors!") ont à nouveau scandé les manifestants corses
"Arabi fora" ("Arabes dehors!") ont à nouveau scandé les manifestants corses © Radio France / Mathilde Lemaire

Plusieurs centaines de manifestants se sont réunis dimanche après-midi à l'entrée du quartier des Jardins de l'Empereur, bloqués par 150 CRS et gendarmes. Après les dérapages racistes des deux derniers jours, le préfet de Corse a interdit les manifestations dans ce quartier.

Elles se sont retrouvées face à mur de CRS et de gendarmes. Echaudées par l'interdiction de manifester prononcée par la préfecture, 300 personnes se sont rassemblées dimanche après-midi à l'entrée du quartier des Jardins de l'Empereur, où deux pompiers et un policier ont été agressés la nuit de Noël. L'appel à défiler avait largement été relayé sur les réseaux sociaux. Pour leur barrer l'accès, une demi-compagnie de CRS et deux escadrons de gendarmerie ont été déployés.

Nouveau rassemblement à Ajaccio en dépit de l'interdiction de manifester
Nouveau rassemblement à Ajaccio en dépit de l'interdiction de manifester © Radio France / Mathilde Lemaire

Le cortège a donc défilé dans le calme dans d'autres quartiers populaires d'Ajaccio. "On se bat contre la racaille mais pas contre les Arabes" ont scandé certains des meneurs, appelant la foule à rester pacifique. Le préfet de Corse a pris un arrêté dimanche pour interdire jusqu'au 4 janvier les manifestation dans le quartier des Jardins de l'Empereur.### "Guet-apens"

Tout a commencé dans la nuit du réveillon de Noël. Les pompiers et la police interviennent alors dans le quartier des Jardins de l'Empereur pour un incendie allumé volontairement. L'un des policiers raconte dans un premier temps avoir reçu des projectiles. Ils sont ensuite pris à partie par un groupe d'une vingtaine d'individus cagoulés, armés de barres de fer et de battes de baseball. Un "guet-apens", pour la préfecture. Deux pompiers et un policier sont blessés.

Le lendemain, jour de Noël, un rassemblement de soutien rassemble près de 600 personnes devant la préfecture d'Ajaccio. Une partie du cortège se dirige ensuite vers le quartier où se sont produits les heurts, à la recherche des agresseurs. Alors que nombre d'habitants se retranchent derrière leurs fenêtres, ils saccagent un restaurant kebab et une salle de prière musulmane. Des vitres ont été brisées, des exemplaires du Coran partiellement brûlés et jetés dans la rue.

Des exemplaires du Coran ont été partiellement brûlés
Des exemplaires du Coran ont été partiellement brûlés © Radio France / Mathilde Lemaire

Sur Twitter, le Premier ministre Manuel Valls a condamné une "agression intolérable de pompiers" et une "profanation inacceptable". Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris a lancé un appel "au calme, au sang-froid et à l'apaisement".

Pour André Paccou , représentant corse de la Ligue des droits de l'homme, ces incidents sont à mettre en lien avec d'autres évènements survenus ces derniers mois sur l'île.

On assiste depuis plusieurs mois à des manifestations qui prônent une Corse chrétienne. Il y a eu des manifestations devant la préfecture, devant une école (celle de Prunelli-di-Fiumorbo, où des institutrices avaient voulu faire chanter à leurs élèves un passage d'une chanson en arabe, ndlr ). Ce déploiement violent d'agitation à caractère raciste, anti-islam dans l'espace public nous inquiète beaucoup.

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