Le parcours de soins des personnes obèses est compliqué en France, notamment pour la prise en charge d'obésités sévères, et lorsque la chirurgie s'impose car la vie du patient peut être en danger.

50 % des hommes adultes sont en surpoids ou obèses pour 44% des femmes.
50 % des hommes adultes sont en surpoids ou obèses pour 44% des femmes. © AFP / Paul ELLIS, Robyn BECK, Ronaldo SCHEMIDT

Un colloque se tient ce mardi au ministère de la Santé pour élaborer un meilleur parcours de soins dans le traitement de l'obésité. Dans un pays où, même si les chiffres se stabilisent, on compte néanmoins 54 % des hommes adultes en surpoids ou obèses et 44 % des femmes (chez les enfants 17 % en surpoids dont 4 % obèses).  

Sylvie a longtemps travaillé dans la restauration. Elle était déjà en surpoids, mais quand elle arrête pour des problèmes respiratoires, la situation dérape : "J'ai pris du poids, puis je suis montée jusqu’à 170 kilos. J'avais une espérance de vie qui chutait."

La chirurgie s'impose alors, mais Sylvie va d'hôpital en hôpital et de refus en refus : "Plusieurs hôpitaux m'ont refusée car j'avais trop de problèmes au niveau de la respiration. Je rentrais pour me faire opérer et je pleurais quand ils me disaient, 'non, on ne peut pas vous opérer, ça ne va pas, y a trop de risques'."

Après de nombreux examens, elle est finalement opérée à Hôpital européen Georges Pompidou, à Paris. Elle a perdu 40 kilos. Si elle a encore temporairement sa machine à oxygène, elle se sent déjà beaucoup mieux : "J'ai fait tellement de démarches pour y arriver, il ne fallait pas que je baisse les bras. Pour moi, je savais qu'il y avait une deuxième vie, il faut que je revienne comme avant." 

Pas si facile d'accepter ce nouveau corps

Mais l'image d'avant, la retrouve-t-on vraiment et s’accommode-t-on de la nouvelle ? Après cette chirurgie, un suivi qui n'est pas proposé partout est pourtant indispensable, comme l'explique Anne Jeanne Daudé, psychologue dans le service de nutrition : "On a beaucoup de patients en post-opératoire qui ont perdu beaucoup de poids. Pour ces patients finalement, ce n'est pas si facile d'accepter ce nouveau corps, explique la psychologue.

On n'investit pas comme ça un autre corps. Les patients ont du mal à se reconnaître. Tout le monde leur dit "Tu devrais être content", mais ils peuvent être un peu dépressifs, c'est assez fréquent.

La chirurgie de l'obésité concerne 60 000 personnes par an. Sans suivi pour la moitié d'entre elles, après deux ans, beaucoup reprennent du poids, avec de lourdes conséquences physiques et psychologiques.

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