Les autorités sanitaires continuent de tracer les ovoproduits contenant potentiellement du fipronil auprès de cinq entreprises qui ont reçu des lots contaminés.

Le ministre de l'Agriculture belge a déploré que les Pays-Bas n'aient pas diffusés dès novembre dernier les informations sur la présence de fipronil dans les œufs.
Le ministre de l'Agriculture belge a déploré que les Pays-Bas n'aient pas diffusés dès novembre dernier les informations sur la présence de fipronil dans les œufs. © AFP / ERIC LALMAND / BELGA MAG

Le ministère de l'Agriculture a publié mardi soir un point sur la situation et indiqué renforcer ses contrôles sanitaires contre le fipronil, un insecticide "modérément toxique" chez l'homme et dont des traces ont été retrouvés dans des œufs et des ovoproduits en provenance des Pays-Bas.

Le communiqué précise que des lots ont été livrés à cinq entreprises,"respectivement situés dans la Vienne, le Maine-et-Loire, le Pas-de-Calais, le Nord et le Morbihan". Dans chacun de ces établissements d'ovoproduits, où sont notamment fabriqués des pâtes et des plats préparés, les lots ont été retirés. Une enquête de traçabilité est en cours pour retirer du marché les produits déjà expédiés et préparés à partir des lots contaminés.

Mardi déjà, deux entreprises de la Vienne ont confirmé avoir utilisé des lots contaminés à leur insu. Il s'agit d'Igreca, dans le Maine-et-Loire, qui a dénombré "30.000 œufs de fournisseurs hollandais" et a "identifié les produits finis fabriqués à partir de ces matières premières" et de Samo, dans la Vienne. Informée dimanche de la présence de huit lots contaminés dans ses stocks, pour "environ cinq tonnes" d'ovoproduits, la société a retiré "tous les lots en provenance" des Pays-Bas dès lundi, "soit une cinquantaine de tonnes", et procédé au rappel des produits auprès de ses clients.

Pour Igreca, les premières analyses se sont révélées négatives mercredi à la présence de fipronil dans les produits préparés, selon la préfecture du Maine-et-Loire.

Du fipronil dans les œufs au Pays-Bas dès novembre 2016

Mercredi matin, le ministre belge de l'Agriculture Denis Ducarme a déclaré que des traces de fipronil avaient été détectées dans des œufs en provenance des Pays-Bas dès novembre 2016. Lors d'une réunion extraordinaire à Bruxelles où était détaillé un rapport de l'Agence belge pour la sécurité de la chaîne alimentaire sur le circuit de contamination des œufs, le ministre a déploré l'absence d'informations de la part des autorités hollandaises : "Quand un pays comme les Pays-Bas, un des plus gros exportateurs d'oeufs au monde, ne transmet pas ce genre d'information, ça pose vraiment problème."

En France, un éleveur a spontanément déclaré avoir utilisé la substance. Les œufs issus de son élevage n'ont pas été commercialisés, mais par mesure de précaution, le ministère a précisé qu'ils "seront détruits".

Interdit dans les cultures de maïs, tournesol et pommes de terre en France et dans la plupart des pays européens, le fipronil est connu pour être commercialisé sous la marque Regent. Cet insecticide est accusé d'engendrer une surmortalité des abeilles, mais son utilisation demeure autorisée en Belgique et aux Pays-Bas.

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