Face aux violences sexuelles encore trop souvent passées sous silence dans le monde du sport et après le témoignage de Sarah Abitbol, la ministre des Sports, Roxana Maracineanu, dit attendre des fédérations "un vrai engagement et un changement de mentalité".

La ministre des Sports, Roxana Maracineanu.
La ministre des Sports, Roxana Maracineanu. © Radio France / capture d'écran

Comment en finir avec l'omerta qui règne dans le monde du sport professionnel ? Invitée de France Inter ce jeudi, Roxana Maracineanu a d'abord salué le "témoignage courageux" de Sarah Abitbol, patineuse ultra-médaillée qui, trente ans après, accuse son ancien entraîneur de l'avoir violée quand elle était adolescente. "Il n'y a que comme ça que l'on va arriver à agir", estime la ministre des Sports, qui appelle les fédérations, les collectivités, à prendre leurs responsabilités. 

Une relation athlète-entraîneur propice aux "dérives"

Elle-même ancienne championne de natation, Roxana Maracineanu décrit le pouvoir d'un entraîneur sur son athlète : "L'entraîneur se veut protecteur et il y a forcément une relation très exclusive qui s'installe, légitimée par les parents, les bénévoles associatifs, les pouvoirs publics. Cette relation peut être sujette à des dérives", analyse-t-elle. 

"Pour la performance, on est prêt à tout sacrifier. Y compris parfois l'intégrité physique et mentale du jeune sportif. C’est là-dessus qu’il faut qu’on agisse aujourd'hui : qu’on ne laisse plus seul un entraîneur et son athlète".

La ministre des Sports dit attendre des présidents de fédération "un vrai engagement et un changement de mentalité". 

"Les fédérations sont là pour nous demander de l’argent, nous on est là pour leur demander des comptes".

Dans un milieu du sport "propice aux dérives", l'une des pistes évoquées par Roxana Maracineanu est d'agir "pour que les jeunes puissent s’entraîner au plus près" de leur famille. 

Est-elle favorable à rendre obligatoire la présence de deux coachs, l'un masculin, l'autre féminin, autour de chaque athlète ? "C'est l'idée que j'avais lorsque j'étais sportive. Ces binômes pourraient se relayer, avoir une vie beaucoup plus équilibrée", répond-elle. 

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