Avec le Wishbook, il est possible de conserver ses souvenirs dans un coffre numérique pour les transmettre à ses descendants. Est-ce que cela remplace utilement ce que nous laissons derrière nous sur les réseaux sociaux ?

On a testé pour vous le coffre-fort numérique pour transmettre à nos descendants nos meilleurs souvenirs
On a testé pour vous le coffre-fort numérique pour transmettre à nos descendants nos meilleurs souvenirs © Getty

Alors que nous passons des heures à immortaliser des minuscules instants de vie sur les réseaux sociaux, une start-up française propose depuis quelques semaines de conserver dans un coffre-fort numérique des documents importants autant qu'une sélection de vidéos, photos, sons ou autres contenus qu'il nous semble essentiel de transmettre à nos descendants. 

Chez Wishbook, on estime que "nous avons de beaux souvenirs à partager, des émotions ou des valeurs que nous aimerions communiquer, des messages à transmettre, des envies aussi pour notre dernier voyage et des volontés que nous aimerions faire connaître à nos proches". Et en lisant cela, on peut se dire : "non, pas sûr que j'ai envie de tout ça, et surtout je n'ai pas envie de m'en occuper. J'ai envie d'occuper la minute présente et non la première minute de mon absence dans la vie de mes proches". Mais nous ne sommes pas tous égaux devant la mort, et nous n'avons pas tous les mêmes habitudes numériques. 

Transmettre le meilleur de soi... 

Avec toutes les informations que nous disséminons sur les réseaux sociaux, et Facebook en particulier, on peut se demander à quoi sert un coffre-numérique, bien fermé, quand nos vies sont exposées au grand jour. Justement, ces fragments de vie accessibles à tous sur Facebook avaient posé quelques problèmes à certaines familles après le décès de leurs proches. Sur Facebook, on peut à présent demander que nos comptes soient fermés au moment du décès. Il existe des pages Facebook de personnes mortes, parfois visitées par leurs amis après leur mort, en guise d'hommage. Récemment Facebook a mis fin à l'impossibilité d'agir sur les pages des personnes décédées. Il suffit d'aller dans les paramètres et de chercher la fonctionnalité "paramètres de commémoration". Mais au-delà de ça, la question est de savoir que garder de vos souvenirs. 

"Si nos ancêtres nous avaient laissés face à leurs pages Facebook, nous aurions été perdus dans la forêt de leurs posts, et surement nous nous serions noyés dans les détails de leur vie. Dans le coffre Wishbook on fait une sélection de l'essentiel, ce qui est vraiment significatif et important de transmettre", explique Olivia Egalgi, co-fondatrice de Wishbook.

Certains auront envie de transmettre leur voix, leur musique préférée, leurs œuvres poétiques intégrales ou bien des vidéos, et les faire partager. Pour 74 euros, Wishbook veut bien garder au chaud ces héritages immatériels. Même si votre vie se résume à une simple photo, ou un ticket de bus, Wishbook peut le garder précieusement pour transmettre votre héritage dans sa globalité : les références de vos comptes bancaires, vos titres de propriétés, votre recette du Kougloff, et les photos de votre voyage en Islande, tout ce que vous aurez préalablement numérisé. 

... et disparaître en ligne

J'ai bien réfléchi, et j'ai choisi de laisser dans le Wishbook la longue liste des sites internet que j'utilise, pour acheter, lire , boire, manger, me soigner, voyager, travailler, réfléchir, dessiner, et surtout les codes d'accès, afin que mes amis puissent vraiment me faire disparaître en ligne après ma mort IRL.

"Effectivement cet héritage numérique est lourd à porter, quand on doit, après la disparition d'un être cher, faire le tour des démarches en ligne, résilier des comptes, c'est très lourd. Chacun a sa façon d'utiliser le Wishbook. Il y a ceux qui voient sa dimension émotionnelle, mais d'autres, effectivement, voient le coté très pratiques, et y enferment de précieuses informations administratives". 

Pour ouvrir le coffre Wishbook au moment d'un décès, il faut que l'un des trois "gardiens" du coffre, ami désigné par le propriétaire, présentent l'acte de décès et la clé de sécurité que lui aura remis la personne concernée. Conclusion, pour mourir en paix, il faut aussi un mot de passe.