"Un beau matin, perdre notre boulot, c'est dur". Kama, salariée chez Tati Barbes depuis 26 ans, est sonnée. Elle a appris mardi que son magasin allait fermer.

Magasin Tati Barbes, boulevard Barbes
Magasin Tati Barbes, boulevard Barbes © Radio France / Jean-François Fernandez

La direction de l'emblématique magasin Tati boulevard Barbès à Paris a annoncé mardi la fermeture de son magasin symbolique, sans préciser de date. Tati, à l'angle du boulevard Barbès et du boulevard Rochechouart, c'est le magasin historique de l'enseigne. En 1948, Jules Ouaki ouvre le premier commerce dans le 18ème arrondissement de Paris. Le nom Tati deviendra au fil des ans la référence des articles à pas cher. 

"En arrivant ce matin, on a été convoqués"

Jamais les salariés, comme Kama, n'imaginaient que le navire amiral avec ses 34 salariés fermerait. "En arrivant ce matin, on a été convoqués", rapporte cette employée,26 ans d'ancienneté à Tati. Elle explique qu'avec ses collègues elle s'est retrouvée dans le bureau de la direction en arrivant au travail mardi matin, avant même l'ouverture du magasin. "On a tous été convoqués au bureau, on a pleuré" explique Kama, qui le cœur serré, qui n'a même pas réussi à déjeuner. Avec ses collègues, elles discutent et ont du mal à réaliser. Certaines ont plus de 30 ans de maison, parfois 40 ans d'ancienneté dans ce magasin. 

Magasin Tati Barbes, boulevard Barbes
Magasin Tati Barbes, boulevard Barbes © Radio France / Jean-François Fernandez

Un site historique en difficulté

Tati à l'angle du boulevard Barbès et du boulevard Rochechouart c'est le magasin historique de l'enseigne. En 1948, Jules Ouaki ouvre le premier commerce dans le 18ème arrondissement de Paris. Le nom Tati deviendra au fil des ans la référence des articles à pas cher. Jamais les salariés n'imaginaient que le navire amiral avec ses 34 salariés fermerait.

Déjà en difficulté, Tati n'aura pas réussi à retrouver sa clientèle après le Covid-19. Sur la période du 1er octobre 2019 au 31 mai 2020, Tati Barbès a perdu 60% de ses ventes comparé à la même période l'année précédente. Les clients ne sont plus au rendez-vous. "On savait  que la situation n'était pas bonne, mais on ne pensait pas que ça fermerait, un beau matin comme ça perdre notre boulot, c'est dur pour nous", confie Kama. Pour elle, Tati, c'est comme la famille. La famille avec les salariés, mais aussi dans la relation avec les clients. "Si y'a plus Tati, Barbès c'est plus Barbès", lâche-t-elle. 

Alors que dans les étages la direction est toujours réunie avec les représentants du personnel, dans le magasin les salariés ont le cœur gros. "On va attendre de voir pour les indemnités, c'est tout ce qu'il nous reste", explique résignée Kama : "Il n'y a plus de motivation".

Magasin Tati Barbes, boulevard Rochechouart. Il y a quelques années le trottoir était noir de monde.
Magasin Tati Barbes, boulevard Rochechouart. Il y a quelques années le trottoir était noir de monde. © Radio France / Jean-François Fernandez

Au moment du rachat par le groupe Gifi en 2017, Tati, c'était 109 magasins et 1.428 salariés. En 2017, le groupe est racheté par Gifi. Le président de Gifi Philippe Ginestet avait annoncé que le site historique de Barbès resterait le seul Tati en France, les autres magasins de l'enseigne devant passer sous pavillon Gifi. Mais en 2019, Gifi décidait de fermer 13 magasins en France. 30 autres doivent être transformés en magasins de déstockage, 50 autres doivent passer sous la marque Gifi.

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