Hier, l'adultère faisait rire chez Vaudeville, Labiche, Feydeau… Aujourd'hui, il peut provoquer un stress post-traumatique - et aussi bien être profitable au couple. Explications.

Christophe Fauré : "On ne mesure pas, quand on trompe quelqu’un, les dégâts que ça peut provoquer"
Christophe Fauré : "On ne mesure pas, quand on trompe quelqu’un, les dégâts que ça peut provoquer" © Getty / Greg Ceo

Dans l'émission de société Grand bien vous fasse, Ali Rebeihi s'interrogeait sur l’infidélité avec ses invités, les psys Christophe Fauré et Sophie Cadalen.

Hier, l'adultère faisait rire dans les comédies de boulevard, les Vaudeville, Labiche, Feydeau… Mais à cette époque, le couple n’était pas basé sur l’amour, on faisait des mariages arrangés. L'adultère était un couac dans la réputation mais ce n’était pas une blessure de l’estime de soi.

Cela explique sans doute pourquoi une situation somme toute "classique" (dans une relation longue, il est rare de ne jamais avoir de fantasmes d'adultère) provoque un tel choc.

Aller voir ailleurs pour mieux se retrouver ?

Pour Sophie Cadalen, l'infidélité peut être profitable au couple - parce qu'elle le secoue, qu'elle permet d'arrêter d'idéaliser l'autre. C’est quelque fois pour le réveiller. Pour l'alerter : "c’est peut être mieux ailleurs, viens me chercher..."

Si on dépasse la notion de pardon pour arriver à la transformation, l'infidélité est quelque chose d’extrêmement dynamique et profitable à ce couple.

Arlette a trompé, elle a été trompée... elle témoigne :

Tromper sa compagne, son compagnon, ce n'est pas facile [...] Ce n'est pas la peine d'être si malheureux que ça [quand on est trompé].

L'adultère, stress post-traumatique ?

Profitable ou pas, pour Christophe Fauré, l'adultère, "au bout du compte, ce sont trois personnes qui essaient du mieux qu’ils le peuvent d’être heureux. Ils s’y prennent de façon parfois extrêmement maladroite. Il y a toujours de la souffrance qui en résulte quand les choses sont sues.
L’intention initiale, c’est peut-être d'explorer autre chose, sortir des limitations peut être un peu étroites de sa vie et de son couple, mais après quelques années il y a toujours quelqu’un qui souffre. Il n’y a pas de connotation morale mais plutôt émotionnelle, qui compte pour moi".

La découverte d'une relation extraconjugale provoque un choc, il est souvent vécu avec un sentiment d’irréalité. Cela ressemble à un syndrome de stress post-traumatique, c'est presque une crise identitaire.

On a une image de soi et de son couple ; la situation vient révéler que cette image est peut être complètement erronée.

Laurence témoigne : "C'est arrivé à un moment où tout était idéal : logement en commun, projet de bébé... tout s'est effondré."

Christophe Fauré : "On ne mesure pas, quand on trompe quelqu'un, les dégâts que ça peut provoquer [...] Le pardon est proportionnel à l’intensité de la colère."

Sophie Cadalen rappelle : "Dans les situations d'adultère, on a toutes les émotions, toutes les réactions, parce que la plupart sont irrationnelles".

On pardonne quand on pensait qu’on ne le ferait jamais, on accepte quand on pensait que c’était inacceptable, on ne tolère pas ce qu’intellectuellement on pensait tout à fait tolérable… On se découvre aussi soi-même quand on est trompé(e).

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