Engagée depuis longtemps dans le combat contre les violences faites aux femmes, la comédienne Eva Darlan a appelé l'émission "Grand bien vous fasse" pour pousser un cri d'alarme sur cette situation de confinement particulièrement dangereuse pour les femmes exposées à leur mari violent 24 heures sur 24.

Eva Darlan : sur les violences faites aux femmes, le confinement est le révélateur dramatique de ce qui n'a pas été fait avant
Eva Darlan : sur les violences faites aux femmes, le confinement est le révélateur dramatique de ce qui n'a pas été fait avant © Getty / Eric Fougere/VIP Images/Corbis via Getty Images)

Eva Darlan : "Le confinement est porteur de violence. Si vous enfermez l’homme violent avec sa victime, qu'est-ce qu'il se passe ? Forcément des choses très désagréables. On l'a entendu : un homme a été sorti de prison sans préparation, et dès qu'il est rentré chez lui, il a cassé la figure de son ex-femme. Et un enfant est mort frappé par son père... Il y a un problème ! 

"En terme de violences conjugales, on paye aujourd'hui ce qui n'a pas été fait avant"

On a demandé pendant des années des formations des forces de l'ordre, et des hébergements ! On nous a toujours tout refusé. Et maintenant, on nous sort un système D, une sorte de solution miracle : que la population se protège elle-même, que les femmes se rendent en pharmacie ou dans les centres commerciaux (probablement fermés) pour être protégées !

"C’est proprement ahurissant. Il ne devrait pas y avoir ces problèmes-là !"

Comment fait-on pour soustraire une femme à un homme qui la frappe ? Comment fait-on pour enlever l’homme violent ? Comme il n'y a pas de lieu, pas d'hébergement de prévu, on fait appel à la population ! On appelle les propriétaires ou des locataires de grands appartements et on leur demande d'abriter ces femmes et leurs enfants ! C'est totalement anormal ! 

Pendant des années, le milieu hospitalier a été ignoré, bafoué, humilié ! Comme les femmes, et les associations qui ont demandé de l'aide et de l'argent. 

On nous répondait qu'il n'y avait pas d'argent miracle et que l'on ne pouvait pas nous aider. Et on voit que maintenant, il y en a de l'argent ! 

Et que penser des enfants de divorcés, en attente de jugement, qui ne veulent pas aller chez leur père violent, mais qui s'y rendent quand même ! 

Quand on va ouvrir les portes après le confinement et voir ce que l'on va trouver dans les placards... Il va y avoir un prix politique à payer et des personnes devront être tenues pour responsables."

Ali Rebeihi : "Marlène Schiappa, la secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes confirme que les violences domestiques augmentent, mais que le numéro de secours 3919 reçoit moins d'appels car les victimes ont plus de mal à appeler en présence de leur agresseur... Elle conseille la plateforme Arretonslesviolences."

Eva Darlan : "Vous vous rendez compte ? C'est inenvisageable ! Vous êtes avec votre bourreau, et vous lui dîtes : "Attends, mon chéri, ne me tape pas dessus tout de suite, je dois envoyer un mail à Arretonslesviolences et puis ensuite, je reviens ! C'est peut-être possible, si monsieur sort faire un jogging, mais il faut d’abord avoir un ordinateur et être suffisamment libre pour ne pas avoir à ce moment-là un bébé qui réclame votre attention... C'est très compliqué ! C'est trop tard ! 

Il faut que les mairies de toutes les villes de France se mobilisent et ouvrent des salles pour les femmes.

Il faut aussi que les forces de l'ordre prennent les plaintes, parce qu'elles ne le font pas toujours : elles sont très occupées et ont autre chose à faire. 

Puis réfléchir à la suite :  comment débloquer des hébergements et former les policiers ? Et là, dans l'urgence, ouvrir nos chambres pour accueillir des familles victimes." 

ECOUTER | Grand bien vous fasse sur les questions psy sur le confinement lié au Covid-19 dans laquelle Eva Darlan a pris la parole. 

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