L'association France Lyme annonce ce vendredi porter plainte contre la Spilf, la Société de pathologie infectieuse de langue française. Elle l'accuse de mettre les patients en danger en refusant de faire évoluer la prise en charge de la maladie transmise par les tiques.

La maladie de Lyme est transmise par les tiques.
La maladie de Lyme est transmise par les tiques. © AFP / Martin GERTEN

"Mise en danger délibérée de la personne d'autrui, non-assistance à personne en danger et violences psychologiques." C'est ce que l'on peut lire dans la plainte que l'association de patients France Lyme a adressée jeudi au procureur du tribunal de grande instance de Paris. La plainte vise directement la Société de pathologie infectieuse de langue française (Spilf), ainsi que son président.

L'association dénonce l'inaction selon elle de la communauté médicale

Interrogée par France Inter, la présidente de l'association Lyme France est virulente :"Ça fait 15 ans qu’on milite et c’est tous les jours qu’on reçoit des cas dramatiques d’enfances brisées, d’enfants qui ne peuvent plus aller à l’école, qui sont en fauteuil et à qui on a dit que c’était une paralysie psychologique", soutient Agnès Gaubert. "On a entendu des choses complètement ahurissantes : qu’ils étaient dépressifs, hypocondriaques, ou que c’était une autre maladie qu’on ne connaissait pas encore.

"On n'a trouvé que le levier judiciaire pour pousser un vrai coup de gueule" Agnès Gaubert, présidente de l'association Lyme France"

Evidemment il y a d’autres médecins qui nous prennent au sérieux et qui soignent une partie des adhérents de notre association", souligne la présidente. "Mais là ça fait des années que les infectiologues refusent le débat et sont responsables d’une obstruction à la discussion médicale et scientifique. On n’a trouvé que le levier judiciaire pour pousser un vrai coup de gueule, pour faire parler de nous parce que la situation est devenue vraiment trop grave."Le président de la Spilf, Pierre Tattevin, se défend : "Notre mobilisation c'est justement pour essayer de protéger les patients de pratiques dangereuses, donc on ne peut pas nous accuser de non-assistance à personne en danger", affirme le médecin infectiologue à l'AFP.  Il explique que selon lui beaucoup de patients soignés pour la maladie de Lyme sont aussi atteint d'autres pathologies, ce qui retarde un traitement adapté. 

Suspicion de maladie de Lyme : une étude montre moins de 10% de confirmation du diagnostic

A la fin de l'année dernière, la Pitié-Salpêtrière AP-HP, l’Inserm et Sorbonne Université ont dévoilé le résultat d'une étude menée sur la maladie de Lyme entre janvier 2014 et décembre 2017. Sur 300 patients ayant consulté pour une suspicion de Lyme, moins de 10% ont vu le diagnostic se confirmer. Et ce sont plus de 8 patients sur 10 qui ont été diagnostiqués avec une pathologie différente. Cela ne signifie pas que les cas de maladie de Lyme diagnostiqués n'augmentent pas. Ils ont au contraire connu une hausse significative en 2018, selon un communiqué publié début juillet par le ministère de la Santé : 104 cas enregistrés pour 100 000 habitants en 2018, contre 69 cas en 2017.

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