Promesse du candidat Macron maintes fois repoussée, l'extension de la PMA aux couples de lesbiennes et aux femmes célibataires est débattue à compter de ce mardi à l'Assemblée. Beaucoup de couples homosexuels redoutent de revivre la même chose qu'en 2012 avec la Manif pour tous.

L'extension de la PMA va dominer les débats autour de la loi de bioéthique, examinée à compter de mardi par les députés.
L'extension de la PMA va dominer les débats autour de la loi de bioéthique, examinée à compter de mardi par les députés. © Getty / Westend61

Le débat s'annonce enflammé : la loi de bioéthique est débattue à compter de mardi à l'Assemblée nationale. L'article premier du texte prévoit d'étendre la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes, provoquant l'ire d'une partie de la droite. Mais qu'en pensent les principales concernées ? 

Âgées de 43 et 46 ans, Juliette et Christel sont les mamans de Michka, deux ans et demi. Comme beaucoup de couples lesbiens, elles sont allées en Belgique afin de bénéficier d'une PMA. Aux yeux de Christel, il serait hypocrite de faire perdurer le système actuel français, dans lequel la mesure est réservée aux couples hétérosexuels. "On sait très bien que ça existe et de plus en plus, mais jusqu'ici on ne faisait rien pour faciliter la situation de ces femmes qui veulent avoir un enfant", s'agace la quadragénaire. 

"Le problème, c'est que ceux qui vont dans la rue sont les plus bruyants"

Pour sa compagne Juliette, même si une partie de la droite conservatrice s'oppose à l'extension de la PMA, la majeure partie de la société française est prête à accepter les parents homosexuels. "Nous notre expérience au quotidien, c'est que tout le monde s'en fout en réalité ! De temps en temps, évidemment, un abruti va dire quelque chose... Mais les mentalités ont évolué, peut-être parce qu'on est plus visibles. Les gens se rendent compte que nos enfants sont aussi sympas et aussi chiants que les autres !" 

Malgré tout, 2012 n'est pas si loin, et le spectre de la Manif pour tous restent marqués dans leurs esprits. "La période des manifs a été vraiment horrible, pour beaucoup d'entre nous", se souvient Juliette. "Le problème, c'est que ceux qui vont dans la rue sont les plus bruyants. Ça prend beaucoup de place, c'est très violent. Ils sont vraiment nocifs pour nos familles", renchérit Christel.

Elle aussi maman d'un petit garçon conçu à l'étranger, Agnès appréhende également les semaine à venir : "On va fermer les réseaux sociaux, écouter uniquement des informations sélectionnées, afin de nous protéger nous, protéger notre enfant", explique-t-elle. Avant d'ajouter :

C'est violent, ça fait mal, mais ça passera... Notre bonheur est vraiment supérieur à tout ça.

Christel et Juliette disent espérer que les débats iront vite pour éviter de laisser trop de place aux discours de haine. De leur côté, les anti-PMA ont déjà prévu de manifester le 6 octobre.

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