Alors que le nombre de morts sur les routes a atteint un plus-bas historique en 2018, la limitation à 80 km/h sur les routes secondaires est en suspens, en pleine crise des "gilets jaunes". Les associations de victimes d'accidents de la route ne comprennent pas ce possible revirement du gouvernement.

Selon le gouvernement, le passage à 80 km/h a permis de sauver 116 vies sur les routes secondaires
Selon le gouvernement, le passage à 80 km/h a permis de sauver 116 vies sur les routes secondaires © Maxppp / Cyrille Ardaud

Depuis le mois de juillet dernier, et l'entrée en vigueur du passage à 80 km/h de la vitesse maximale autorisée, 116 vies ont été épargnées sur les routes secondaires selon le Premier ministre. Ces vies sauvées contribuent au niveau historiquement bas du nombre de morts sur les routes (les chiffres sont cependant toujours provisoires, et doivent être confirmés au cours du printemps). Et ce bilan aurait pu être meilleur sans les dégradations de radars qui se sont multipliées depuis le début du mouvement des "gilets jaunes", estime le gouvernement.

Une mesure simple et efficace pour les associations

Pourtant, l'impopulaire 80 km/h pourrait bien se retrouver amendé malgré tout, pour apaiser la colère de ceux qui manifestent depuis le 17 novembre dernier. Une décision qui consterne Marie-Christine Cazal, la vice-présidente de l'Union des Familles de Traumatisés Crâniens. "Nous sommes un peu choqués parce que les chiffres de l'année 2018 sont excellents, et le 80 km/h y est sûrement pour quelque chose", explique-t-elle. "C'est une mesure simple, qui avait été proposée par le Comité national de la sécurité routière, où siègent des associations et des experts. Nous étions tous relativement d'accord sur cette mesure, on ne comprend pas qu'on veuille revenir en arrière pour faire plaisir à certains, alors que c'est une économie de vies, de blessés gravement handicapés, et de famille qui sont frappées par le handicap ou le décès".

"Tous les jours, des blessés arrivent dans nos associations, des familles s'adressent à nous. Ce sont nos enfants, nos conjoints, nos frères et sœurs qui sont touchés, qui sont lourdement handicapés, et on voudrait éviter à d'autres ce qu'on a connu, cette souffrance et ces difficultés" - Marie-Christine Cazal, vice-présidente de l'Union des familles de traumatisés crâniens

Même si elle convient du fait que la mesure n'évitera pas tous les accidents de la route, puisqu'il y aura toujours des accidents liés à l'alcool, aux produits stupéfiants, aux médicaments ou à d'autres causes, elle juge cette mesure efficace, puisqu'elle a donné des résultats très rapidement. Revenir dessus serait selon elle criminel : "Ce sont des vies qui ne seront pas sauvées, ce sont des personnes qui seront lourdement handicapées. Ce serait d'autant plus dramatique que nous attendons des mesures pour nos blessés, nous manquons déjà d'accompagnants".

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