Á l'appel de la CGT, près de 200 manifestations sont prévues ce mardi 12 septembre partout en France, pour le premier mouvement social du quinquennat d'Emmanuel Macron.

La CGT espère une mobilisation "dans la fourchette haute" de celle contre la loi Travail El Khomri au printemps 2016
La CGT espère une mobilisation "dans la fourchette haute" de celle contre la loi Travail El Khomri au printemps 2016 © AFP / ERIC CABANIS

Emmanuel Macron et le gouvernement d'Édouard Philippe vont connaître leur premier mouvement contestataire du quinquennat, ce mardi 12 septembre. La CGT, syndicat à l'origine du mouvement, a recensé quelque 180 manifestations et 4 000 appels à la grève contre les ordonnances de réforme du code du travail.

Ceux qui manifestent contre la réforme à venir du code du travail

Pour ce jour de grève, des perturbations du trafic sont à prévoir. Côté ferroviaire, les syndicats CGT-cheminots et SUD-rail appellent les employés de la SNCF à faire grève. Le premier et le troisième syndicat de la SNCF se disent contre cette réforme qui va fragiliser, craignent-ils, les droits des salariés. Sans donner plus de précisions, la SNCF prévoit, au cas par cas, entre un train sur deux à neuf trains sur dix pour les TER et les intercités, mais un trafic normal pour les TGV, Thalys et Eurostar.

À la RATP, trafic restreint pour les RER (respectivement deux RER A sur trois et un RER B sur deux) et les trains de banlieue parisienne après l'appel de la CGT, de SUD, FO et UNSA à rejoindre le mouvement. Côté bus et tramways, la situation s'annonce "quasiment" normale.

Prévisions des perturbations dans les transports de la journée du 12 septembre
Prévisions des perturbations dans les transports de la journée du 12 septembre © Visactu / Visactu

Les aéroports et les transports routiers pourraient être eux aussi touchés, après les appels à la grève de l'Usac-CGT, de la Direction générale de l'Aviation civile pour les contrôleurs aériens, de CGT, FO et Sud à Air France et des fédérations CGT et FO pour les routiers. Dans le secteur pétrolier, la FNIC-CGT et la fédération FO chimie appellent au débrayage, tout comme dans l'énergie.

Au total, la CGT espère une mobilisation au niveau de celle contre la loi El Khomri. Au printemps 2016, l'apogée du mouvement avait amené plus de 400 000 personnes dans la rue, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur.

Ceux qui sont "cyniques" et "fainéants"

Les opposants aux ordonnances devraient être rejoints par d'autres manifestants, que ce soit pour protester contre la baisse des APL, la hausse à venir de la CSG ou la suppression de l'ISF : en somme, les points qui valent au président de la République une franche dégringolade dans les sondages.

La cote de popularité d'Emmanuel Macron en baisse au mois d'août
La cote de popularité d'Emmanuel Macron en baisse au mois d'août © Visactu / Visactu

Mais surtout, la récente sortie d'Emmanuel Macron à Athènes, vendredi dernier devant la communauté française, lui vaut notamment la colère de Jean-Luc Mélenchon, chef de file de la France Insoumise. Le Président avait déclaré, à propos de sa volonté de réformer la France : "Je serai d'une détermination absolue et je ne céderai rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes."

En réponse, le député des Bouches-du-Rhône et ancien candidat à l'élection présidentielle, qui manifestera à Marseille ce mardi, a élargi son invitation aux "cyniques" et aux "fainéants".

Ceux qui préfèrent la concertation

La CFDT, devenu en mai dernier le premier syndicat de France devant la CGT, n'a pas souhaité se joindre au mouvement et n'a pas appelé à manifesté. Son secrétaire général, Laurent Berger, n'a en effet pas jugé la manifestation "syndicalement très stratégique" alors que les concertations ne sont pas terminées?

Plutôt que la rue, la CFDT dit préférer développer le dialogue social et le syndicalisme dans les entreprises.

Ceux qu'on accuse d'être à la botte du gouvernement

Si, branche par branche, ou en région, plusieurs fédérations de Force ouvrière appellent à rejoindre le mouvement, la direction nationale du syndicat n'a pas souhaité s'associer à l'appel de la CGT. Officiellement, tout comme pour la CFDT, FO salue le choix de la concertation qui a abouti au contenu des ordonnances de réforme du code du travail.

Par ailleurs, le syndicat estime aussi la confrontation peu utile. Au printemps 2016, face à la loi Travail El Khomri, FO avait rejoint la CGT dans la rue contre son gré et jugé les résultats de la mobilisation, émaillée par des violences, peu probants.

Mais officieusement, certains s'interrogent sur le changement de ton de Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, devenu plus conciliant et plus constructif, avec la récente arrivée de Stéphane Lardy dans l'équipe qui entoure la ministre du Travail. Chargé de conseiller Muriel Pénicaud sur la formation, l'apprentissage et la pénibilité, l'ancien piller sur les questions sociales de FO était vu comme le successeur potentiel de Jean-Claude Mailly, mais était aussi critiqué en interne pour être réformiste et proche du Parti socialiste.

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