Les derniers mineurs de Calais ont été envoyés vers des CAO spécifiques, et l'Etat doit à présent trouver des places pour les milliers de migrants des campements du nord de Paris.

Les migrants qui campent dans la quartier Stalingrad à Paris devraient être expulsés avant la fin de la semaine.
Les migrants qui campent dans la quartier Stalingrad à Paris devraient être expulsés avant la fin de la semaine. © Reuters / Charles Platiau

"Mettre à l’abri" les migrants : le terme fait florès depuis un an et demi, et 30 opérations d’évacuations de campements de migrants à Paris ont déjà été menées.

Ce vendredi matin, c'est le campement installé près de la place Stalingrad, dans les Xe et XIXe arrondissements de Paris, qui a de nouveau été évacué dès 6 h : les réfugiés ont rassemblé leurs maigres affaires dans le calme et l'arrivée des premiers bus a été saluée par des cris de joie.

Dans la réalité des faits, ces opérations encadrées par les forces de l’ordre n’ont jamais empêché les réfugiés de revenir, toujours plus nombreux, après quelques jours dans des centres d’hébergement. Le campement de Stalingrad a déjà été évacué deux fois ces derniers mois, le 26 juillet et le 16 septembre, mais il n'a cessé, ces dernières semaines, de se reformer pour atteindre près de 3.000 occupants, disséminés sur plusieurs centaines de mètres, sous le métro, près du canal Saint-Martin et surtout sur le terre plein de l'avenue de Flandres transformé en campement insalubre.

Au ministère de l’Intérieur, on assure qu’il reste suffisamment de places en CAO pour les prendre en charge dans de bonnes conditions. La Préfecture d’Île-de-France étudie aussi la possibilité de réquisitionner ponctuellement des gymnases municipaux. La mairie de Paris a proposé d'y loger temporairement 200 personnes, quand la Préfecture en espérait quatre fois plus.

Le centre d’hébergement d’urgence de la Ville de Paris, dont l'ouverture a été repoussée, ne sera pas concerné par le démantèlement de Stalingrad. Il prendra le relais, à terme, pour offrir quelques jours à l’abri aux 50 à 80 nouveaux migrants qui arrivent chaque jour dans la capitale.

450 CAO en France

A Calais, le démantèlement de la jungle a pu se faire grâce à l’ouverture à travers la France de 450 CAO, centres d’accueil et d’orientation, qui offrent un total de 12 000 places disponibles pour au maximum trois mois. Le temps de "faire le tri" entre les migrants qui pourront déposer un dossier de demande d’asile, et ceux qui devront être expulsés vers le pays qu'ils avaient fuit.

LA CARTE INTERACTIVE des 450 CAO de France:

Des CAOMIs pour les mineurs

A Calais, l’urgence, c’était de trouver des hébergements et des accompagnements pour les 1618 mineurs étrangers isolés logés dans des conteneurs aux abords de la jungle, dont les derniers ont été acheminés ce mercredi soir vers des CAOMIs, centres d’accueil et d’orientation dédiés spécifiquement aux mineurs isolés qui ont été créés pour l'occasion, dans les départements comme les Côtes-d’Armor, la Gironde ou le Loiret. Cette mise à l'abri des mineurs est une obligation pour l'Etat, elle se fait sans contrainte de rester et permettre aux jeunes de se poser, et de préparer un éventuel rapprochement familial avec leurs proches en Grande-Bretagne. Selon le ministère de l'Intérieur, les mineurs partis de Calais sont accompagnés par des Britanniques chargés de leur expliquer qu'ils allaient examiner les dossiers.

Plusieurs centaines d’entre eux ont déjà pu rejoindre la Grande-Bretagne pour y retrouver de membres de leur famille.

REPORTAGE à Calais où ce mercredi partaient les bus emmenant les derniers mineurs de la jungle:

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