Les rotatives de Ouest France
Les rotatives de Ouest France © CC Steven Jambot

Ouest-France n'a pas voulu publier tel quel l'avis de décès de Nicole Boucheton, vice-présidente de l'ADMD (Association pour le droit de mourir dans la dignité), sous prétexte qu'il mentionnait "la contrainte de s’exiler en Suisse, pays humaniste" pour mourir. Les associations crient à la discrimination

Le texte reçu par Ouest-France était simple, sans fioriture, ni désir de polémique :

[...] vice-présidente de l'ADMD, à l'âge de 64 ans, contrainte de s'exiler en Suisse, pays humaniste pour y mourir selon sa volonté le 7 août 2014.

Atteinte d'un cancer en phase terminale, Nicole Boucheton a eu recours au suicide assisté en Suisse, une pratique non autorisée par la législation française. Mais le choix de Ouest-France a été d'amputer l'annonce et ôter "la contrainte de s’exiler en Suisse pays humaniste."

La rubrique obsèques n'est "pas un espace de débat où l'on règle des comptes"

Pour François-Xavier Lefranc, rédacteur en chef à Ouest-France, la rubrique obsèques n'est:

pas une page dans laquelle on ouvre des débats, on règle des comptes mais un espace neutre. Ça n'a rien à voir avec le fait que la famille annonce une mort volontaire en Suisse.

Une façon de répondre aux attaques, notamment sur les réseaux sociaux, où l'on qualifie cette décision de "discrimination". C'est notamment ce qu'écrit Jean-Luc Romero.

Le conseiller régional PS de l'Ile-de-France, président de l'ADMD, a renvoyé un nouvel avis de décès. Il prévient : en cas de nouveau refus ou d'absence de réponse, " dans deux trois jours, on saisira le Défenseur des droits et on s'oriente vers une action au civil pour refus de vente".

Ouest-France cherche une solution alternative

De son côté Ouest-France tente de désamorcer la polémique en proposant le texte suivant : "décédée en Suisse selon sa volonté". Mais la famille de Nicole Boucheton a d'ores et déjà refusé la proposition. Le quotidien s'en étonne puisqu'ils ont, selon eux, donné la parole à Nicole, "en publiant samedi un article avec des extraits de son texte posthume mais dans un endroit dédié au débat, points de vue."

Les précisions de Léo Rozé pour France Inter

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