Anne Hidalgo, la maire de la capitale, assure qu'elle a fait réduire la pollution aux particules fines dans Paris mais l'un de ses adversaires pour la course aux municipales de 2020 en doute. France Inter a vérifié.

La pollution parisienne est-elle en augmentation ou en baisse ? La campagne pour la mairie tournera beaucoup autour de ça
La pollution parisienne est-elle en augmentation ou en baisse ? La campagne pour la mairie tournera beaucoup autour de ça © Radio France / Gérard JULIEN

Ce sera l'un des enjeux de la campagne municipale à Paris : la pollution de l'air. Mercredi, dans le journal Le Parisien, la maire Anne Hidalgo affirme que la pollution aux particules fines a baissé de 10,5 % entre 2010 et 2016 grâce, dit-elle, "à son action". Invité ce mercredi matin sur France Inter, l'un des prétendants à la mairie de Paris, Gaspard Gantzer, met lui en doute cette amélioration : "C'est faux et c'est exactement l'inverse" dit-il. Nous avons vérifié ce qu'il en est vraiment

Oui, la qualité de l'air est meilleure depuis 15 ans

C'est vrai que la qualité de l'air s'améliore à Paris depuis une quinzaine d'années. La dernière étude (début 2019) menée dans la capitale et à Londres par l'organisme indépendant de mesure de la qualité de l'air Airparif, en collaboration avec le King’s College, le confirme. En effet, la pollution liée au trafic routier a légèrement baissé dans la capitale chaque année entre 2010 et 2016. Que ce soit pour les oxydes d'azote (-5 % par an entre 2010 et 2016 après une période de hausse entre 2005 et 2009) et pour les particules fines. 

Anne Hidalgo parle, dans Le Parisien, d'une diminution de la pollution aux particules fines de 10,5 % entre 2010 et 2016. Mais le chiffre n'est pas complet, comme l'explique une ingénieure de Airparif Charlotte Songeur. Les réductions ne sont pas les même en fonction des types de particules fines. "On a pu voir une diminution de 10 % par an pour les particules les plus fines, les PM2,5", comme le dit Anne Hidalgo, "mais aussi de 5 % par an des microgrammes pour les particules PM10" précise-t-elle. Les PM2,5 sont les plus nocives pour la santé puisqu'elles s'immiscent plus facilement dans notre système respiratoire. 

L'action d'Anne Hidalgo explique-t-elle cette amélioration ? 

L'étude d'Airparif montre qu'à Londres, la mise en place de restrictions de circulation a été bénéfique sur la qualité de l'air. Malheureusement pour la maire de la capitale, il est encore trop tôt pour le dire pour Paris, où l'instauration d'une "zone de faible émission" qui exclut les véhicules les plus polluants est en place depuis deux ans. À Paris, l'amélioration s'explique donc avant tout par le renouvellement du parc automobile et à la mise en place des normes Euro 5 pour les poids lourds, souligne Airparif. 

Reste que les niveaux de pollutions à Paris sont toujours au-dessus des normes européennes et des recommandations de l'Organisation mondiale de la santé. 1,3 millions de Franciliens respirent toujours un air mauvais pour leur santé.

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