Mardi à 17 heures, les candidats à l'enseignement supérieur recevront les premières réponses à leurs voeux sur la plateforme Parcoursup. Mais certains craignent les effets du confinement sur l'examen des dossiers, notamment dans les filières sélectives.

Une candidate à Parcoursup, dans l'attente des réponses à ses voeux d'orientation.
Une candidate à Parcoursup, dans l'attente des réponses à ses voeux d'orientation. © Maxppp / Guillaume Georges

C'est le moment clé de la procédure d'orientation post-bac et le confinement/déconfinement n'y changera rien : mardi soir, à 17 heures, débute la phase dite "d’admission" pour 950 000 candidats, dont 658 000 lycéens. Ces derniers sont d'ailleurs 2 % de plus cette année à vouloir poursuivre des études. Jusqu'au 17 juillet, les jeunes inscrits en classe de terminale (ou les candidats en réorientation) vont  donc pouvoir répondre aux propositions qui leur ont été faites, selon les vœux formulés en mars, pour leur entrée dans l'enseignement supérieur. 

Comme les années précédentes, la procédure fonctionne sur un système de listes d'attentes qui évoluent selon les acceptations ou les refus de propositions et pour chaque vœu, les candidats verront s'afficher sur la plateforme : oui, non, ou en attente.  Au total, 1 000 formations de plus ont été proposées cette année et la majorité des demandes concernent des licences (34 %), des BTS (31 %) et des DUT (12 %). Les classes préparatoires aux grandes écoles représentent 6 %, tout comme les carrières sanitaires et sociales et sept candidats sur dix ont opté pour une licence, dans l'ordre de préférence : droit, économie-gestion, psychologie, Staps (sport). 

Mais ces vœux ont été formulés juste avant le début du confinement et d'une période qui a bouleversé les apprentissages. Certains candidats à des filières sélectives notamment craignent que la réorganisation à laquelle les organisateurs de concours ont été contraints aient un impact sur l'examen des dossiers. 

"Les oraux peuvent faire la différence, mais là, ce ne sera pas possible"

"On ne pourra pas s'empêcher de se demander ce qu'il se serait passé si les circonstances avaient été différentes", estime Bérénice, élève de terminale qui aspire à intégrer une école d'ingénieur ou une classe préparatoire scientifique et qui regrette de n'avoir pu passer aucun entretien oral. 

"Certains risquent même de se sentir lésés, parce que pour celles et ceux dont le dossier n'était pas aussi bons qu'ils l'auraient voulu, les oraux et les entretiens peuvent faire la différence, mais là, ça ne sera pas possible", explique-t-elle. La lycéenne estime notamment que, même si les dossiers sont examinés de façon approfondie, ils ne contiennent que des "informations limitées"

Elle poursuit : 

"En entretien, on peut réussir à faire bonne impression par notre façon d'être ou de gérer les questions. Ce n'est pas possible avec des notes ou un nombre de caractères limités." 

Les candidats ne seront pas pénalisés affirme le ministère de l'Enseignement supérieur. Le traitement des dossiers est informatisé et s'est fait à distance, normalement, selon Christine Gangloff Ziegler, vice présidente de la Conférence des présidents d'universités. "Parcoursup a été particulièrement intéressant parce que la dématérialisation complète a permis de poursuivre la procédure alors qu'on était en confinement. Ça a été une chance pour les candidats mais aussi les équipes pédagogiques qui traitent les dossiers", rassure-t-elle. 

La sélection risque de se faire sur la seule base des résultats scolaires

Toutefois, Hervé Christofol, enseignant-chercheur et représentant du Snesup-FSU (syndicat national de l'enseignement supérieur) craint que la sélection, cette année, se fasse principalement sur la base des notes de première et des premiers semestres de terminale, "bien plus que ça ne pouvait l'être les années précédentes"

"La première préoccupation des collègues pendant la période du confinement (et donc au moment de la fin de la confirmation des voeux), c'était de maintenir un lien pédagogique avec les étudiants en licence. Très peu se sont investis dans les commissions d'examen des voeux", explique-t-il. "Quand vous êtes responsables d'une licence, que vous avez 3 000 à 4 000 candidatures à classer, même si l'on préconise de mettre tout le monde ex æquo, il est impossible qu'une personne puisse regarder seule l'ensemble des candidatures. La sélection repose donc de fait sur les notes."

Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.